Cette réunion du Conseil était officiellement consacrée au printemps arabe, mais la Syrie a « jeté une grande ombre sur ce débat », a reconnu le chef de la diplomatie britannique William Hague, qui présidait la séance. Tour à tour, M. Hague, son homologue français Alain Juppé et la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton ont lancé des appels pressants aux Russes et aux Chinois, qui ont par deux fois opposé leur veto à des résolutions du Conseil depuis le début de la crise syrienne il y a tout juste un an. M. Juppé a été le plus direct, invitant Moscou et Pékin « à entendre la voix des Arabes et de la conscience mondiale, et à se joindre à nous ». Dénonçant une « violence toujours plus barbare » de la part de Damas, il a averti les autorités syriennes qu’elles devraient « répondre de leurs actes devant la justice » internationale. Il a suggéré de « préparer dès à présent les conditions d’une saisine de la Cour pénale internationale », mais celle-ci impliquerait une résolution du Conseil. M. Hague a demandé au Conseil de « faire preuve d’unité et de leadership », déplorant qu’il ait « jusqu’à présent échoué à assumer ses responsabilités envers le peuple syrien ». « La communauté internationale doit dire d’une seule voix, sans hésitation (...), que les meurtres de Syriens innocents doivent cesser et qu’une transition politique doit commencer », a plaidé Mme Clinton en demandant à « toutes les nations » de soutenir le plan de règlement de la Ligue arabe.
Évoquant la tentative de médiation de son envoyé spécial Kofi Annan auprès du président syrien Bachar el-Assad, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a « demandé au Conseil de sécurité de s’unir fermement pour soutenir la mission de M. Annan, afin d’éviter à la Syrie de sombrer dans une catastrophe encore bien pire ».
Lavrov : Les autorités syriennes portent une énorme part de responsabilité
Mais toutes ces déclarations n’ont pas convaincu M. Lavrov, qui a affirmé que le Conseil était « manipulé » sur la crise syrienne comme il l’avait été sur la Libye. Tout en reconnaissant que « les autorités syriennes portent une énorme part de responsabilité dans la situation », M. Lavrov a passé en revue pour les critiquer tous les moyens de pression employés jusqu’ici sur Damas : « Demander précipitamment un changement de régime, imposer des sanctions unilatérales visant à créer des difficultés et des tensions sociales, et encourager l’opposition à continuer à affronter les autorités au lieu de promouvoir le dialogue. » La Russie « n’est pas restée inactive » sur la Syrie, a-t-il assuré, indiquant : « Nous sommes en contact régulier avec le gouvernement syrien. » L’ambassadeur chinois Li Baodong a lui aussi rejeté toute intervention militaire et toute tentative de « changer le régime » à Damas, insistant sur la nécessité de « consultations complètes avec toutes les parties sur une base d’égalité ».
« Nous n’acceptons pas que soient mis sur le même plan les oppresseurs et les victimes », a répondu M. Juppé, ajoutant que les Occidentaux n’accepteraient pas non plus un « statu quo » politique en Syrie.
(Source : AFP)


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Ça chauffe et cela se reflétera sur le terrain!
06 h 35, le 13 mars 2012