Cette image prise d'une vidéo postée sur YouTube par des militants syriens, montrerait des détenus syriens enchaînés en train de monter dans un camion à Deraa, berceau de la contestation contre le régime syrien. YouTube/AFP
L'armée syrienne a lancé depuis mardi soir un assaut terrestre contre le quartier rebelle de Baba Amr à Homs (centre), pilonné depuis plus de trois semaines, a affirmé mercredi à l'AFP une source de sécurité à Damas. "Le secteur est sous contrôle. L'armée a déjà procédé à un nettoyage bloc par bloc, maison par maison, et maintenant les soldats fouillent chaque cave et tunnel à la recherche d'armes et de terroristes", a indiqué cette source précisant qu'il "reste encore quelques poches à réduire".
"Les forces du régime ne sont pas entrées pour l'instant à Baba Amr. Elles encerclent le quartier et il y a de violents combats avec les déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL)" notamment du côté d'Inchaat, un quartier limitrophe au nord de Baba Amr, a précisé à l'AFP Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne. Selon lui, "l'ASL et des militants civils sont en train d'évacuer les familles des lieux visés par un bombardement inouï qui touche même les endroits qui paraissaient sûrs". "Il est difficile d'avoir des informations car les communications sont coupées", a-t-il dit, appelant à une "intervention étrangère, et si cela ne se produit pas, une catastrophe et une tragédie risquent de se produire à Homs".
"L'armée tente de pénétrer dans le quartier de Baba Amr avec son infanterie (...) et il y a des échanges de tirs avec des fusils automatiques et des mitrailleuses", avait confié, ce matin, l'opposant Mohammad al Homsi à Reuters.
"Les forces du régime ont pu couper une route clandestine par laquelle parvenaient des provisions" a indiqué, de son côté, à l'AFP le militant Hadi Abdallah, un membre de la Commission générale de la révolution syrienne. L'accès à la ville est désormais complètement coupé ont confirmé plusieurs chefs d'unités de l'ASL postées autour de Homs. "Des obus sont tombés ce matin sur les quartiers de Khalidyé et al-Bayada et l'électricité est coupée dans la plupart des quartiers", ont précisé les militants sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011".
Homs où des journalistes occidentaux seraient toujours bloqués mercredi.
Après avoir annoncé mardi soir qu'Edith Bouvier était saine et sauve au Liban, le président français Nicolas Sarkozy est revenu sur ses déclarations. Le Figaro a indiqué pour sa part en début de soirée qu'Edith Bouvier n'était "pas au Liban mais toujours en Syrie". "Nous attendons du gouvernement de Damas qu'il réunisse toutes les conditions d'une évacuation sûre et rapide, notamment par un cessez-le-feu immédiat sur Baba Amr", a déclaré aujourd'hui le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, indiquant ainsi implicitement qu'Edith Bouvier se trouvait bien à Homs.
"Les journalistes sont entrés avec précipitation dans des endroits peu sûrs, ils en assument la responsabilité", a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Makdessi. Il a néanmoins assuré que la Syrie "voudrait aider" à une solution et "ne se dérobera pas à ses obligations humanitaires ».
Le confrère d'Edith Bouvier, le photographe britannique Paul Conroy, blessé lui aussi, est arrivé mardi au Liban, après avoir été exfiltré par des militants de la ville bombardée depuis plus de trois semaines.
Edith Bouvier, 31 ans, et Paul Conroy, 47 ans, avaient été blessés lors du bombardement qui a coûté la vie à la journaliste du Sunday Times Marie Colvin et au photographe français Rémi Ochlik. Deux autres journalistes, le Français William Daniel et l'Espagnol Javier Espinosa, se trouvaient également à Homs.
La géographie est au coeur de la bataille de Homs : troisième ville de Syrie, poumon industriel avec ses raffineries, elle est à la croisée des chemins entre Damas et le nord du pays. Sa province est frontalière du nord du Liban, majoritairement sunnite et sympathisant de la révolte. C'est aussi un carrefour routier vital par lequel transitent les marchandises de Turquie et vers les pays du Golfe, des gazoducs et des oléoducs.
Les violences ont fait au moins 48 morts mardi en Syrie, dont 33 civils tués pour la plupart à Homs, a indiqué l'OSDH. Le bilan des victimes de la répression en Syrie est "certainement beaucoup plus que 7.500 morts", a déclaré mardi Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, tout en reconnaissant que l'ONU ne pouvait "pas donner de chiffres précis".
La communauté internationale reste impuissante face aux exactions du régime du président Bachar el-Assad qui réprime dans le sang depuis un an la révolte populaire.
Le Conseil de sécurité de l'ONU est saisi d'un nouveau projet de résolution sur la Syrie, selon le ministère français des Affaires étrangères. Des diplomates occidentaux ont précisé à Reuters que les Etats-Unis ont rédigé les grandes lignes de la nouvelle résolution demandant un accès sans entrave aux agences humanitaires dans plusieurs villes de Syrie et appelant à la fin des violences.
L'initiative américaine, qui a commencé à être discutée hier, survient après le veto opposé à deux reprises par la Chine et la Russie à des résolutions qui condamnaient la répression du mouvement de contestation et qui réclamaient la fin des violences.
En mettant en avant l'aspect humanitaire de la crise syrienne, les pays arabes et occidentaux espèrent convaincre Pékin et Moscou de ne pas faire obstacle à ce nouveau projet de résolution alors que les violences se poursuivent en Syrie.
Aujourd’hui, la presse d’Etat chinoise rapportait que le chef de la diplomatie chinoise s'est dit favorable à l'envoi d'aide humanitaire en Syrie, lors d'une discussion téléphonique avec le chef de la Ligue arabe ainsi qu'avec certains de ses homologues arabes.
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L'Armée syrienne les a reconnu parcequ'ils avaient un béret basque ,une baguette et du camembert...et une bouteille de rouge,bien sûr!Ils sont forts,les SR syriens..;et cultivés,en plus!
11 h 00, le 01 mars 2012