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Moyen Orient et Monde - Corans Brûlés

Les manifestations anti-US dégénèrent en Afghanistan : au moins neuf morts

La vague de protestation a gagné le Pakistan où plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues.

La police afghane antiémeute a dû faire face hier à des centaines de manifestants à Kaboul. Shah Marai/AFP

Au moins neuf personnes, huit civils et un policier afghan, sont morts hier en Afghanistan lors de manifestations antiaméricaines contre l’incinération de corans dans une base militaire américaine mardi, malgré des appels au calme. Ces neuf décès, confirmés par Sediq Sediqqi, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, portent à 24 morts le bilan des quatre premiers jours de manifestations, dont deux soldats américains. Il y a aussi une centaine de blessés, la plupart par balles.
La majeure partie des victimes d’hier provient de la province de Herat dans l’Ouest, habituellement l’une des plus calmes du pays, où sept personnes ont perdu la vie « le plus souvent lors d’échanges de tirs », a déclaré Moheedin Noori, un porte-parole provincial. Trois d’entre elles, qui incluent le policier, ont péri quand des protestataires ont essayé de marcher sur le consulat des États-Unis de Herat, a poursuivi M. Noori. « Cela a été très violent près du consulat américain. Il y a eu des affrontements. Certains protestataires ont essayé de saisir les armes de policiers. Il y a eu des tirs », a indiqué cette source pour laquelle deux civils sont morts dans ces heurts. Une cinquantaine d’autres personnes ont également été blessées dans la province de Herat hier, d’après M. Noori.
En outre, un homme est décédé en essayant de s’introduire dans un camp de l’équipe de reconstruction provinciale, une unité composée de civils et de militaires, souvent étrangers, dans la province de Baghlan dans le Nord-Est, et un autre manifestant est mort dans le Nangarhar dans l’Est, selon M. Sediqqi. Toujours d’après ce dernier, une bombe a explosé dans la province de Khost au passage d’un cortège, tuant un manifestant.
Dans la nuit de lundi à mardi, des exemplaires du Coran confisqués à des détenus de la prison de la base américaine de Bagram à 60 km au nord-est de Kaboul ont été incinérés parce que, selon des responsables à Washington, ils servaient à faire passer des messages entre prisonniers.
Le président américain Barack Obama a alors présenté ses « excuses les plus sincères » au peuple afghan pour une « erreur » commise par « inadvertance » et par « ignorance ». De même, une délégation nommée par le gouvernement, composée notamment de personnalités religieuses ayant enquêté sur les corans brûlés, a appelé jeudi soir les « citoyens musulmans afghans » à « la retenue », leur demandant de « ne pas recourir à des protestations qui pourraient permettre à l’ennemi (insurgé) de prendre avantage de la situation ». Les mêmes mots ont été employés par le commandant de l’ISAF, le général John Allen, qui a appelé les « membres de l’ISAF et (les) Afghans à faire preuve de patience et de retenue », alors que « des faits sur l’incident » « continuent d’être réunis ».
Le sentiment antiaméricain n’a jamais été aussi fort dans la population en dix ans de conflit, au diapason des bavures de l’OTAN qui tuent assez fréquemment des civils et de diverses affaires récentes de profanations ou autres actes jugés blasphématoires à l’égard de l’islam.
Dans ce contexte, les manifestations anti-US ont gagné le Pakistan où, dans plusieurs villes, des centaines de personnes sont descendues dans la rue hier. Près de 300 ont bloqué un grand axe routier à Peshawar, où ils ont piétiné et brûlé un drapeau américain et battu un pantin représentant les États-Unis avant d’y mettre le feu, selon des médias locaux.
À Karachi, des centaines de militants du mouvement Jamaat ud-dawa (JuD), classé organisation terroriste par les Occidentaux pour ses liens avec el-Qaëda, ont scandé « Mort à l’Amérique, mort aux amis de l’Amérique », ou « Un seul remède contre l’Amérique : le jihad et seulement le jihad ». Le leader du JuD Naveed Qamar a également déclaré devant les manifestants que les Pakistanais n’acceptaient pas les excuses présentées jeudi par le président américain Barack Obama pour l’incident survenu sur la base aérienne de Bagram.
Par ailleurs, plusieurs policiers ont été tués hier dans l’attaque d’un commissariat de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, par trois assaillants portant des vestes bourrées d’explosifs et qui se sont fait exploser sur place, selon la police. Tôt le matin, les trois kamikazes avaient pris d’assaut le poste de police et avaient d’abord tué au moins deux policiers avant de se retrancher dans les locaux et tenir un siège qui a duré un peu plus d’une heure, a expliqué Yameen Khan, un officier de la police de Peshawar. Ils ont ensuite déclenché leurs explosifs. « Quatre policiers ont été tués et quatre blessés », a-t-il ajouté. Cette attaque n’a pas encore été revendiquée, mais son mode opératoire est similaire à d’autres perpétrées par les insurgés islamistes qui mènent une campagne d’attentats ayant fait près de 5 000 morts dans tout le pays en quatre ans et demi.

           (Source : AFP)
Au moins neuf personnes, huit civils et un policier afghan, sont morts hier en Afghanistan lors de manifestations antiaméricaines contre l’incinération de corans dans une base militaire américaine mardi, malgré des appels au calme. Ces neuf décès, confirmés par Sediq Sediqqi, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, portent à 24 morts le bilan des quatre premiers jours de manifestations, dont deux soldats américains. Il y a aussi une centaine de blessés, la plupart par balles.La majeure partie des victimes d’hier provient de la province de Herat dans l’Ouest, habituellement l’une des plus calmes du pays, où sept personnes ont perdu la vie « le plus souvent lors d’échanges de tirs », a déclaré Moheedin Noori, un porte-parole provincial. Trois d’entre elles, qui incluent le policier, ont péri quand...
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