Une image divulguée par des militants syriens montre une maison en feu dans le quartier de Baba Amro à Homs. Photo AFP
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux Droits de l’homme dispose d’une liste confidentielle de hauts responsables politiques et militaires soupçonnés d’être impliqués dans des « crimes contre l’humanité », selon un nouveau rapport d’une commission d’enquête internationale sur la Syrie. « La majorité des crimes contre l’humanité et des violations sérieuses des droits de l’homme ont été menés à travers des opérations complexes qui ont impliqué l’ensemble du dispositif de sécurité et qui, par conséquent, ont nécessité des directives supérieures (aux plus hauts niveaux de l’État) », dénonce le rapport.
La commission d’enquête relève aussi que l’Armée syrienne libre « a également commis des abus, bien que non comparables en termes d’échelle et d’organisation à ceux commis par l’État ».
Plus de 500 enfants ont été tués depuis mars 2011, a-t-elle encore rapporté. « Les enfants continuent d’être arrêtés de façon arbitraire et torturés pendant leur détention », dénonce-t-elle, ne donnant toutefois pas de statistiques globales sur les morts civils. Pour elle, le gouvernement syrien a « manifestement échoué à protéger son peuple ».
Après la publication de ce rapport, la Maison-Blanche a aussitôt affirmé que le président Bachar el-Assad menait une agression « odieuse et impardonnable » contre son peuple.
Par ailleurs, devant les restrictions draconiennes imposées aux journalistes étrangers, plusieurs reporters ont choisi la voie clandestine, en particulier à Homs où le Français Rémi Ochlik et l’Américaine Marie Colvin ont péri mercredi dans le pilonnage d’une maison transformée en centre de presse.
Au lendemain de leur mort, deux journalistes étrangers blessés dans la même attaque ont lancé un appel à l’aide depuis la ville dévastée et assiégée, dans deux vidéos distinctes. La Française Édith Bouvier, reporter pour le quotidien Le Figaro, et le photographe britannique Paul Conroy ont demandé à être évacués « au plus vite » de Homs. Mme Bouvier, qui souffre d’une double fracture à la jambe droite, a besoin d’être opérée rapidement.
Paris et Londres se démenaient pour faire évacuer les blessés et les dépouilles mortelles des deux journalistes tués. Le président français Nicolas Sarkozy a estimé, lui, que la mort des deux journalistes était un « assassinat ». « J’ai vu les images (...), il y a une volonté de bombarder un endroit puisqu’il s’y trouve des journalistes », a-t-il affirmé. « Ceux qui ont fait ça devront rendre des comptes », a-t-il prévenu. Les autorités syriennes ont pour leur part mandaté le gouverneur de Homs pour tenter d’évacuer les reporters, tout en refusant « d’endosser la responsabilité de la mort de journalistes infiltrés ».
Parallèlement, les militants antirégime ont lancé un « dernier cri de détresse » depuis Homs.
Hier, les violences ont fait au moins 86 morts : 61 civils, dont 13 membres d’une même famille dans la province de Hama, ainsi que 20 soldats et 5 militaires dissidents tués dans des affrontements, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). De plus, le groupe de solidarité Avaaz a annoncé que sept militants syriens qui coopéraient avec lui ont été retrouvés morts « les mains ligotées derrière le dos » à Homs et deux autres, dont un étranger, sont portés disparus. Aujourd’hui sera une nouvelle journée à risque avec un appel des militants antirégime à manifester à travers le pays en solidarité avec le quartier de Baba Amro, le plus visé par les bombardements à Homs. Ces manifestations sont régulièrement réprimées par la force. En outre, une trentaine d’organisations internationales, arabes et syriennes de défense des droits de l’homme ont appelé à la libération immédiate du journaliste Mazen Darwich et de sept de ses collègues, tous arrêtés le 16 février à Damas.
Enfin, dans une nouvelle tentative de résoudre le conflit, l’ONU envisage de nommer un envoyé spécial, un poste pour lequel Kofi Annan, ex-secrétaire général des Nations unies, est favori, selon des diplomates à l’ONU.
La commission d’enquête relève aussi que l’Armée syrienne libre « a également commis des abus, bien que non comparables en termes d’échelle et d’organisation à ceux commis par...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine