Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Impasse dans les négociations entre l’Iran et I’AIEA

Téhéran ne veut pas se doter de l’arme atomique, affirme Khamenei ; les Occidentaux déplorent « une occasion manquée ».
L’Iran « ne cherche pas à avoir l’arme atomique, dont la possession est inutile, dangereuse et nuisible, et constitue un grand péché d’un point de vue intellectuel et religieux », a déclaré hier le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei. Le n° 1 iranien a en revanche réaffirmé que son pays ne renoncerait pas à développer son programme nucléaire en dépit des « pressions, des sanctions et des assassinats » de scientifiques iraniens. L’accès à l’énergie nucléaire relève de « l’intérêt national », a-t-il souligné, en accusant les grandes « puissances dominatrices » de chercher à « arrêter le progrès du peuple iranien ».
Cette réaffirmation des positions iraniennes traditionnelles est intervenue après l’échec mardi d’une mission à Téhéran de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui espérait lever les doutes sur les objectifs de l’Iran. Le chef de la délégation onusienne, le Belge Herman Nackaerts, a expliqué hier, à son retour à Vienne, qu’elle n’avait pas pu accéder au site militaire controversé de Parchin, dans la banlieue de Téhéran, ni « formaliser la suite » des discussions entre l’AIEA et l’Iran. L’agence a « regretté » l’absence d’un accord sur la poursuite des discussions, tandis que son directeur général, le Japonais Yukiya Amano, a jugé l’attitude iranienne « décevante ». L’AIEA n’a pas donné d’indication sur les suites qu’elle entend donner à cet échec, dont débattra son conseil des gouverneurs le 5 mars.
Cet échec risque d’accroître les tensions autour de ce dossier controversé. La communauté internationale redoute que le programme nucléaire iranien, condamné depuis 2006 par six résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU dont quatre assorties de sanctions, n’ait des visées militaires cachées, ce que l’Iran a toujours farouchement démenti. L’AIEA a toutefois réaffirmé dans son dernier rapport, en novembre, avoir de « sérieuses inquiétudes » sur une « possible dimension militaire » de ce programme, s’attirant les foudres de Téhéran. Les Occidentaux en ont tiré argument pour renforcer leurs sanctions économiques contre l’Iran, décrétant en janvier un embargo sur son pétrole et sa Banque centrale. Téhéran a répondu en annonçant, en violation des résolutions de l’ONU, un renforcement de ses capacités d’enrichissement d’uranium qui sont au cœur de son conflit avec la communauté internationale.
Cependant, cité par le site Internet de la télévision d’État, le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a déclaré que Téhéran souhaite continuer sa coopération et le dialogue avec l’agence. « Lors de ces deux journées, nous avons évoqué les aspects techniques et juridiques. Des réponses techniques ont été données aux questions de l’agence. Cette approche de coopération et de dialogue va continuer. Et nous conseillons (à l’AIEA) d’éviter de perturber le climat de coopération », a-t-il ainsi dit.
Mais d’ores et déjà, la France a déploré « une nouvelle occasion manquée pour l’Iran » de montrer sa volonté de coopérer, alors que Téhéran et les grandes puissances tentent de renouer leur dialogue pour trouver une issue diplomatique à la crise. Téhéran a accepté la semaine dernière, après plusieurs mois d’hésitation, une proposition de reprendre les discussions, tout en prenant soin d’affirmer que ses droits n’étaient « pas négociables ». Les Occidentaux, méfiants, ont souligné de leur côté que la reprise du dialogue n’avait de sens que si Téhéran était « sérieux » dans sa volonté de parvenir à un règlement. La Maison-Blanche a également dit « regretter l’échec » de la mission de l’AIEA, estimant qu’il s’agissait d’une nouvelle illustration du refus de l’Iran de se conformer à ses « obligations internationales ». Ce développement « semble montrer qu’ils n’ont pas changé d’attitude », a estimé Jay Carney, porte-parole du président Barack Obama.

Les menaces de frappes militaires ravivées
L’échec de la mission de l’AIEA pourrait en outre réactiver les menaces de frappes militaires israéliennes contre les sites nucléaires iraniens, que l’État hébreu a multipliées ces dernières semaines en estimant que les sanctions contre l’Iran étaient inefficaces. Dans une allusion à ces menaces, le ministre iranien de la Défense, Ahmad Vahidi, a affirmé hier que l’Iran « ne cherche pas la guerre et n’a jamais déclenché une guerre, mais défendra avec puissance ses intérêts nationaux ». Hier également, la Russie a mis en garde contre le risque d’une attaque israélienne, estimant que « tout scénario militaire contre l’Iran sera catastrophique pour la région et, sans doute, pour le système des relations internationales dans son ensemble ». « J’espère qu’en Israël, on a conscience des conséquences (que cela pourrait avoir) », a souligné le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov. Auparavant, le porte-parole de la diplomatie russe avait, pour sa part, évoqué le « scénario apocalyptique » d’une intervention militaire contre Téhéran depuis une base militaire américaine au Kirghizstan. La base de Manas à l’aéroport de Bichkek, la capitale kirghize, sert actuellement au déploiement de l’essentiel des troupes américaines engagées en Afghanistan.
(Source : AFP)
L’Iran « ne cherche pas à avoir l’arme atomique, dont la possession est inutile, dangereuse et nuisible, et constitue un grand péché d’un point de vue intellectuel et religieux », a déclaré hier le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei. Le n° 1 iranien a en revanche réaffirmé que son pays ne renoncerait pas à développer son programme nucléaire en dépit des « pressions, des sanctions et des assassinats » de scientifiques iraniens. L’accès à l’énergie nucléaire relève de « l’intérêt national », a-t-il souligné, en accusant les grandes « puissances dominatrices » de chercher à « arrêter le progrès du peuple iranien ».Cette réaffirmation des positions iraniennes traditionnelles est intervenue après l’échec mardi d’une mission à Téhéran de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut