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À La Une - Liban

Mikati reste confronté aux ministres « en solo »

Nagib Mikati a été amené à faire un constat lucide hier au terme d’un entretien avec Nabih Berry : la crise gouvernementale en est au point mort, et le Conseil des ministres ne sera convoqué que lorsque le cas des ministres qui agissent « en solo » sera réglé. Dans l’attente, le cabinet reste otage de ces ministres qui perçoivent leur département comme un « îlot » quasi autonome.

Le Premier ministre Nagib Mikati. Au Liban, la crise gouvernementale est toujours au point mort. Photo AFP

La petite histoire retiendra sans doute des péripéties du gouvernement de Nagib Mikati que ce cabinet constitue en quelque sorte une « confédération de ministres », en ce sens que certains ministres se plaisent à agir pratiquement en solo en faisant table rase des principes les plus élémentaires de la nécessaire cohésion interministérielle. Ce qui a fait dire il y a quelques jours au président du Conseil, non sans amertume, que certains membres du gouvernement considèrent que le président de la République n’existe pas et que le Premier ministre a dans la pratique le même statut que les autres ministres...

 

Les exemples qui illustrent ce propos ne manquent pas. Le chef de la diplomatie Adnane Mansour a ainsi pris le contrepied du chef du gouvernement en rejetant purement et simplement la politique officielle que ne cesse de défendre M. Mikati et qui consiste à souligner que le Liban doit se tenir à l’écart de la crise syrienne. Pour M. Mansour, cette position de principe prônée par le président du Conseil est « irréaliste et non applicable ». Et le pire est que le chef de la diplomatie défend « sa » propre politique devant les instances arabes et internationales, faisant fi des prises de position que ne cesse de répéter publiquement le chef du gouvernement sur ce plan.

 

Autre « îlot » ministériel ayant proclamé son « autonomie » : le département du Travail détenu par Charbel Nahas qui refuse de signer un décret pourtant avalisé par le Conseil des ministres et qui réaffirme qu’il n’envisage pas, le moins du monde, de démissionner, en raison de son désaccord avec le chef du gouvernement et le reste du cabinet, ou même d’accepter la solution médiane « à la libanaise » préconisée par M. Mikati afin de lui sauver la face.

 

Confronté à l’obstination de Charbel Nahas de ne pas signer le décret sur les indemnités de transport, approuvé en Conseil des ministres, M. Mikati a proposé que M. Charbel s’éclipse pour quelques jours en dehors du pays, le temps que l’intérimaire, en l’occurrence Nicolas Fattouche, signe à sa place le décret en question. Mais le ministre du Travail a réaffirmé hier son « autonomie » ministérielle en déclarant sans ambages qu’il ne signera pas, qu’il ne démissionnera pas et qu’il n’effectuera pas un voyage à l’étranger... Et d’ajouter sans détour, en s’adressant implicitement au président du Conseil : « Celui à qui ça ne plaît pas, qu’il s’arrange pour savoir quoi faire. »

 

Rien d’étonnant, de ce fait, que M. Mikati ait fait preuve de transparence devant les journalistes, au terme de son entretien avec M. Berry, en soulignant que la crise gouvernementale n’était toujours pas réglée et que le Conseil des ministres ne serait convoqué que « lorsque le problème sera réglé ».

 

Le sera-t-il dans les prochains jours ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que M. Mikati a eu hier un entretien nocturne avec le ministre aouniste de l’Énergie Gebran Bassil, en marge de la réunion, tenue au Grand Sérail, de la commission ministérielle chargée d’examiner les offres des compagnies qui proposent de louer à l’État des navires produisant de l’électricité.

 

L’entrevue Mikati-Bassil a-t-elle permis de détendre quelque peu le climat intraministériel ? Il faudra attendre quelques jours afin d’apporter une réponse claire à cette interrogation.

 

Certains observateurs ne manquent pas de se lancer à cet égard dans des supputations dont il ressort qu’en réalité, la crise gouvernementale actuelle est due à la volonté des hautes sphères du pouvoir de franchir de facto l’échéance de la prorogation du mandat du Tribunal spécial pour le Liban sans avoir à s’encombrer des possibles surenchères à ce propos au sein du Conseil des ministres. Mais il ne s’agit là pour l’heure que d’un simple procès d’intention. Il reste que la date butoir du renouvellement du mandat du TSL était fixée à hier, mercredi.

 

Et le président de la République a « pris acte » hier même du message du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, informant l’État libanais de sa décision de reconduire le TSL dans sa mission pour une période de trois ans.

La petite histoire retiendra sans doute des péripéties du gouvernement de Nagib Mikati que ce cabinet constitue en quelque sorte une « confédération de ministres », en ce sens que certains ministres se plaisent à agir pratiquement en solo en faisant table rase des principes les plus élémentaires de la nécessaire cohésion interministérielle. Ce qui a fait dire il y a quelques jours au président du Conseil, non sans amertume, que certains membres du gouvernement considèrent que le président de la République n’existe pas et que le Premier ministre a dans la pratique le même statut que les autres ministres...
 
Les exemples qui illustrent ce propos ne manquent pas. Le chef de la diplomatie Adnane Mansour a ainsi pris le contrepied du chef du gouvernement en rejetant purement et simplement la politique officielle que ne...
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