Au moins 272 détenus auraient trouvé la mort dans l’incendie, mais le bilan devrait s’alourdir. Photo Reuters/handout
« Nous sommes en train de ramasser les corps, ça se monte à plus de 200, la situation est très grave, la plupart sont morts par asphyxie. Il ne s’agit pas d’une mutinerie, plusieurs modules ont pris feu et il y a une enquête sur les causes », avait expliqué auparavant le directeur des centres pénitentiaires Danilo Orellana, qui a indiqué que deux pistes étaient étudiées : un départ de feu provoqué par un détenu et un court-circuit. « Les équipes médico-légales arrivent sur les lieux, mais il est encore tôt. Les détenus – ceux qui ont réussi à s’en sortir – sont dans la cour, et la situation est sous contrôle », a ajouté le responsable. Des dizaines de blessés et de brûlés étaient en cours de transfèrement vers différents hôpitaux de Comayagua, petite ville d’environ 58 000 habitants.
Hier à l’aube, la prison était sous la haute surveillance de l’armée et de la police, alors que des centaines de proches de détenus se trouvaient à l’extérieur, désespérés, d’après des témoins. « Mon frère Roberto Mejia était dans le module six. Ils m’ont dit que ceux du six étaient tous morts », a raconté Glenda Mejia, sous le choc. À ses côtés, Carlos Ramirez attendait aussi des nouvelles de son frère Elwin, détenu dans le même module. « Ils ne m’ont rien dit », a-t-il regretté, la voix brisée.
Le centre est un complexe agricole situé à 500 mètres de l’axe routier reliant San Pedro Sula, la capitale économique du Honduras, à Tegucigalpa, capitale administrative. Dans ce centre, les détenus se consacraient notamment à la culture potagère et à l’élevage de porcs. Le ministre de la Sécurité Pompeyo Bonilla a ainsi rappelé que le pénitencier de Comayagua était « l’un des meilleurs centres de détention que nous ayons au Honduras, il s’agit d’une ferme pénitentiaire, mais malheureusement, cela est arrivé ».
En mai 2004, une centaine de prisonniers étaient morts dans un incendie à la prison de San Pedro Sula, dû selon les autorités à des problèmes structurels du bâtiment. Le Honduras, pays d’Amérique centrale en proie à de très nombreuses violences, dispose de 24 centres de détention, d’une capacité totale de 8 000 places, mais la population carcérale atteint 13 000 personnes pour 7,7 millions d’habitants.
(Source : AFP)


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