Dans son allocution, Jad Chaabane a mis en exergue le problème du bas niveau des salaires au Liban. Il a indiqué que le seuil de pauvreté était estimé à 6 dollars par jour pour vivre de manière descente dans le pays soit 560 dollars par famille en considérant qu’une personne par ménage travaille. « Or jusqu’à maintenant le salaire minimum était fixé à 333 dollars par mois (500 000 livres), le nouveau décret porte ce dernier à 448 dollars (675 000 livres), soit une somme qui demeure en dessous du seuil de pauvreté », a insisté Jad Chaabane. Le professeur d’économie a par ailleurs indiqué que la moyenne des salaires au Liban se situait à environ 850 dollars par mois dans le secteur privé et 720 dollars par mois dans le secteur public. « En ajoutant les compensations et autres avantages sociaux perçus par les travailleurs du secteur public, cette somme atteint les 900 dollars », a-t-il précisé. La question du réajustement des salaires avait tenu en haleine le pays pendant près de quatre mois.
Dans ce feuilleton, un des points qui a suscité le plus de débats était celle de l’intervention de l’État dans l’économie. Devait-il se cantonner à un rôle d’État gendarme ou garantir certains droits aux concitoyens. Pour Jad Chaabane, la réponse est claire, il ne faut pas laisser libre cours au marché, car « le marché oublie les droits des travailleurs. L’État doit intervenir pour garantir les droits fondamentaux aux individus et offrir aux citoyens bien plus qu’un salaire minimum, car seuls 29 % des Libanais travaillent dans le secteur formel. » Même son de cloche chez Adib Bou Habib pour qui « le climat de libéralisme moderne a pris le dessus ». Pour lui, si les droits fondamentaux des citoyens sont assurés (logement, transport, éducation), ces derniers n’auront plus à débattre du réajustement des salaires. « Il est normal d’indexer les salaires sur le coût de la vie », a-t-il insisté. De son côté, Jad Chaabane a cité une étude de la Banque mondiale (BM) sur le manque d’investissement au Liban. Sur cette question, les entreprises ont pointé du doigt l’instabilité politique, l’accès difficile à l’électricité et aux financements comme cause majeure du manque d’investissement. « Aucune entreprise n’a cité le coût du travail comme raison, a insisté le professeur d’économie. Nous continuons d’importer nos aliments, d’avoir des coûts importants en électricité et en eau. Pour aider les citoyens, il ne suffit pas d’augmenter les salaires, mais de diminuer le coût de la vie », a-t-il conclu.


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