« Dans un certain sens, il n’y a pas d’“opposition” à Bahreïn, car ce terme sous-entend un bloc uni autour de mêmes valeurs », lit-on ainsi dans des extraits d’une interview accordée par le souverain au magazine allemand Der Spiegel. Le monarque explique aussi avoir demandé en mars dernier l’aide militaire du Conseil de coopération du Golfe (CCG), et notamment de l’Arabie saoudite, afin de protéger les « installations stratégiques de Bahreïn (...) au cas où l’Iran se montrerait plus agressif ».
Inspirés par les autres mouvements du printemps arabe, les Bahreïnis, notamment les membres de la communauté chiite, étaient en effet descendus dans la rue en février 2011, faisant de la place de la Perle à Manama leur point de ralliement. Le gouvernement avait alors imposé la loi martiale et réprimé les troubles avec l’aide de troupes saoudiennes appelées à la rescousse en mars par la monarchie sunnite, faisant 35 morts. Les manifestations ont toutefois repris après la levée de l’état d’urgence en juin et elles connaissent un regain de vigueur à l’approche du premier anniversaire du déclenchement du mouvement de contestation. Les partis d’opposition, essentiellement chiites, demandent notamment que le Parlement élu du royaume soit habilité à former les gouvernements. Les chiites, majoritaires dans le pays, se plaignent également d’être marginalisés sur les plans politique et économique par une élite qui, selon eux, ne veut nullement partager le pouvoir.
Précisons aussi que les États-Unis et l’Arabie saoudite considèrent Bahreïn, port d’attache de la Ve flotte américaine, comme un allié de premier plan face à l’Iran. Washington plaide donc pour un nouveau dialogue entre le gouvernement de Manama et l’opposition. Le secrétaire d’État adjoint américain Michael Posner s’est d’ailleurs rendu dans la capitale bahreïnie ces derniers jours et a estimé que le pays devait œuvrer à la réconciliation et panser les plaies ouvertes par les manifestations de 2011.
En attendant, Bahreïn est dans une impasse politique face à cette recrudescence de la contestation du régime. « Il est difficile de prédire ce qui pourra advenir dans les prochains jours en raison de la diversité et de l’éclatement des forces politiques et d’une division inquiétante de la société entre chiites et sunnites », a déclaré l’analyste bahreïni Ali Fakhrou, ancien ministre de l’Éducation, ajoutant qu’un règlement ne passait « pas par l’option sécuritaire » mais par « un projet politique à convenir entre toutes les forces politiques et les organisations de la société civile, en vue d’un dialogue national avec le pouvoir ».
Dans ce contexte, les forces de sécurité bahreïnies se sont déployées massivement hier à Manama pour empêcher une marche à laquelle ont appelé des militants à l’occasion de ce premier anniversaire, selon des témoins. Ces forces ont été déployées depuis le matin sur les principaux axes de la capitale, notamment ceux conduisant à l’ex-place de la Perle, rasée par les autorités qui l’ont transformée en une intersection routière, rebaptisée el-Farouk. Samedi également, les forces antiémeute sont intervenues dans plusieurs villages chiites pour disperser à coups de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc des manifestants, selon le principal groupe d’opposition, al-Wefaq.
(Source : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
- - Tout le monde a droit à la parole ! Si vous avez envie de vous cacher ou de vous taire cela vous regarde .. , mais ne demandez pas aux autres de le faire ICI ou ailleurs , liberté d'expression oblige même pour les rois , qui en principe , sont les amis de vos (Z) amis
12 h 15, le 13 février 2012