Des défis auxquels Paris devra tenter de répondre en conciliant « son niveau d’ambition stratégique et son effort budgétaire au profit de la sécurité nationale », écrit le SGDSN dans une réflexion préparatoire à l’actualisation du Livre blanc de 2008 sur la défense nationale.
L’analyse du Livre blanc, qui dégageait les risques et menaces pour la France, « a été, dans une très large mesure, confirmée depuis », estime le SGDSN.
L’incertitude stratégique née de la mondialisation et l’existence d’un « arc de crise » allant de l’Afrique du Nord à la zone afghano-pakistanaise restent ainsi des tendances lourdes.
Deux événements ont toutefois bouleversé le contexte international.
En premier lieu, le déclenchement des révoltes arabes, fin 2010, qui « constitue le bouleversement le plus important intervenu depuis 2008 » et « modifie profondément la donne dans les zones d’intérêt stratégique essentielles pour la France et l’Europe, que sont la Méditerranée et le Moyen-Orient », écrit le SGDSN.
Une évolution qui n’avait « pas été anticipée » et place « les pays du sud de la Méditerranée au cœur des préoccupations stratégiques de la France », poursuit le secrétariat, qui met notamment en garde contre le risque de voir « s’installer des situations d’instabilité durable ».
Évoquant la situation en Égypte, le secrétariat de la Défense soutient au passage que l’armée, accusée par les opposants au régime de confisquer le pouvoir, « conserve une bonne image » et peut jouer « un rôle stabilisateur ».
Autre bouleversement : la crise économique et financière et les contraintes qu’elle fait peser sur les budgets défense des pays européens. Une baisse importante des crédits risquerait, selon la même source, d’affecter à terme « les compétences technologiques et les capacités militaires, la force de l’Alliance atlantique, la base industrielle et technologique de défense européenne ».
Le SGDSN, qui dépend des services du Premier ministre, constate par ailleurs la persistance du terrorisme jihadiste, dont « l’Occident, et la France en particulier, restent une cible privilégiée ».
Après une décennie marquée par deux conflits de grande ampleur menés par les Américains en Irak et en Afghanistan, et une « War fatigue généralisée », une « nouvelle séquence stratégique » s’ouvre également avec la décision des États-Unis de réorienter leurs efforts vers l’Asie-Pacifique et le « grand Moyen-Orient ».
Pour répondre à ces défis et à bien d’autres – prolifération nucléaire, crise iranienne, cybercriminalité, montée en puissance de la criminalité organisée... –, le secrétariat prône l’émergence d’une défense européenne et le développement de partenariats, tel celui conclu par Paris et Londres en matière de défense.
« La crise économique et financière appelle à davantage de coopération et de mutualisation entre les pays européens pour leur permettre de réaliser des économies d’échelle, tout en maintenant leurs capacités », écrit-il.
Une coopération européenne qui, selon le SGDSN, participe au développement des capacités de l’OTAN, dont la France a réintégré le commandement intégré en 2009.
L’actualisation du Livre blanc de la défense est prévue au second semestre 2012, après l’élection présidentielle.


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