Le Moyen-Orient est aujourd’hui le théâtre (absurde) d’une grotesque et scandaleuse parodie démocritique. On y joue une nouvelle version du Sacre du printemps. Un remake vulgarisé du ballet d’Igor Stravinsky exécuté par des... rats d’égout de l’impérialisme. Les producteurs américains et leurs associés européens sont passés aux actes. Ils viennent de supprimer (mais carrément supprimer) le rôle de l’Arlequin de Syrte, remercier le pantin de Carthage, congédier le guignol de Louxor, et rabaisser au rang de comparses, les roitelets du Golfe. La Commedia Dell’Arte est réduite à sa plus simple expression. À présent, les promoteurs de cette gigantesque machination artistique font une scène à Assad (l’Arturo Ui) de la dictature universelle. Stravinsky et Brecht n’ont plus qu’à aller se rhabiller dans les coulisses de l’absurde. Pour la mise en scène, les cachets versés sont énormes. Les perches sont tendues, les costumiers habillent déjà les mannequins, les machinistes plantent les décors, mais les scénaristes (leurs storyboards sur le bras) ont encore du pain sur la planche, pour que l’intrigue prenne forme. D’autant plus que le souffleur onusien (essouflé) a du mal à relancer les dialogues entre les divers acteurs (par ailleurs médiocres), qui ont complètement oublié leurs textes.
Côté jardin, c’est la débâcle, côté cour, c’est l’anarchie ! Le guichet de location est ouvert aux fanatiques qui commencent à remplir les baignoires et les mezzanines. Les loges présidentielles sont prises d’assaut par les partisans du fondamentalisme. Certains empruntent les passerelles de service pour avoir pignon sur le péristyle. Les dictateurs passent à la trappe du désenfumage, tandis que les populations sont jetées en pâture dans les fosses d’orchestre, alors que les figurants sont aspirés par les gaines de ventilation. Avec son follow-spot (projecteur-poursuite), l’éclairagiste iranien balaie tout l’espace géopolitique s’étendant de l’Irak jusqu’à la presqu’île Arabique, pour y voir clair. Et sur le cyclorama, défilent déjà les ambitions scénographiques islamistes du régisseur turc. Ils essaient par tous les moyens de remplacer les dictateurs déchus par des anarchistes fichus. Mais le jeu d’orgue fonctionne mal et le rideau n’est pas encore tombé. De toute façon, s’il tombe, il tombera bien bas sur la tête des spectateurs qui, bien entendu, ne seront jamais remboursés. Tragi-comédie grecque ou théâtre de l’absurde russe, ou encore poème lyrique wagnérien ? Que sais-je ? En voyant tous ces chefs d’État (producteurs délégués du mal) s’agiter sur l’avant-scène moyen-oriental et « déclamer » avec fougue leurs intentions d’établir, la démocratie, la liberté et la paix, une phrase célèbre me revient à l’esprit : « Commediante... tragediante... ! »* Ou tout simplement... niente !
Nahi LAHOUD
* Ces mots ont été attribués au pape Pie VII lors d’une violente entrevue avec Napoléon Ier à Fontainebleau en 1813.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Moyen-Orient est aujourd’hui le théâtre (absurde) d’une grotesque et scandaleuse parodie démocritique. On y joue une nouvelle version du Sacre du printemps. Un remake vulgarisé du ballet d’Igor Stravinsky exécuté par des... rats d’égout de l’impérialisme. Les producteurs américains et leurs associés européens sont passés aux actes. Ils viennent de supprimer (mais carrément supprimer) le rôle de l’Arlequin de Syrte, remercier le pantin de Carthage, congédier le guignol de Louxor, et rabaisser au rang de comparses, les roitelets du Golfe. La Commedia Dell’Arte est réduite à sa plus simple expression. À présent, les promoteurs de cette gigantesque machination artistique font une scène à Assad (l’Arturo Ui) de la dictature universelle. Stravinsky et Brecht n’ont plus qu’à aller se rhabiller dans...