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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Le Vatican alarmé par la dimension de la pédophilie en Asie

Le Saint-Siège organise cette semaine une conférence mondiale pour lutter contre le fléau.
Les Églises d’Asie ont pris du retard dans la lutte contre la pédophilie en raison de profondes différences culturelles d’approche d’un problème qui « est très accentué » sur ce continent, s’est inquiété le procureur en chef du Vatican chargé du dossier.
« Il y a cependant dans ces Églises une prise de conscience de l’existence d’abus et que quelque chose doit être entrepris », a quand même observé Mgr Charles Scicluna devant des journalistes, à quelques jours d’une conférence mondiale organisée par le Vatican sur le combat contre la pédophilie, qui commence aujourd’hui et dure quatre jours.
Et en mai dernier, tous les épiscopats s’étaient vu accorder un an pour mettre leurs dispositifs de lutte contre la pédophilie en conformité avec les exigences de Rome, et collaborer avec les justices civiles de leur pays. « Certains (épiscopats) ne vont pas être prêts mais ils vont y arriver à la fin », a assuré Mgr Scicluna, avant de remarquer : « Dans certaines cultures, il est difficile pour les victimes de se signaler. Nous cherchons à voir comment changer une culture qui pousse au silence plutôt qu’à la dénonciation. »
La révélation de milliers de crimes pédophiles, rendus possibles par une culture du silence qui protégeait les coupables dans plusieurs Églises européennes et nord-américaines, les ont profondément ébranlées. Dans d’autres parties du monde comme l’Asie et l’Afrique, les cas révélés au grand jour sont bien moins nombreux. Une exception : les Philippines où l’Église a demandé pardon pour des abus commis par certains prêtres. Mgr Chito Tagle, nouvel archevêque de Manille et étoile montante dans la hiérarchie catholique, doit d’ailleurs s’adresser au symposium de Rome, en énumérant les défis particuliers en Asie. Dans un communiqué publié avant cette conférence, il a prévenu que son discours montrerait que « les abus sexuels dans et hors de l’Église constituent une réalité globale, et non concentrée en Europe et aux États-Unis ».
La réunion de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie (FABC), qui a eu lieu en novembre à Bangkok, souligne donc que les abus « sont déjà devenus un problème considérable en Asie » et ne sont pas « un problème de l’Occident », plaidant pour des « mesures drastiques et immédiates ». Toujours selon la FABC, beaucoup d’hommes et de femmes dans le clergé asiatique « ne sont pas au fait de ce qu’est en réalité la pédophilie ».
Le père allemand Hans Zollner, psychothérapeute et l’un des organisateurs de la conférence de cette semaine, a relevé la difficulté pour l’Église d’appliquer au niveau global les solutions expérimentées en Occident pour mieux protéger les enfants. « Voyez l’Afrique, l’Inde, les autres pays asiatiques, certains pays latino-américains », a-t-il énuméré, se félicitant qu’un des principaux intervenants du colloque – outre Mgr Tagle – soit un religieux sud-africain, Desmond Nair. « Ce qui, dans le contexte nord-américain, peut sembler déjà une transgression est absolument normal aux Philippines : toucher, serrer contre soi, embrasser », a-t-il noté. « Notre problème est que nous sommes toujours très habitués à une vision occidentale et européenne, et que, dans d’autres régions du monde, ils ne comprennent pas ce dont parlent “ces Occidentaux” », souligne le père Zollner, en estimant que ce fossé rend plus difficile la transmission du message de lutte contre le fléau.

(Source : AFP)
Les Églises d’Asie ont pris du retard dans la lutte contre la pédophilie en raison de profondes différences culturelles d’approche d’un problème qui « est très accentué » sur ce continent, s’est inquiété le procureur en chef du Vatican chargé du dossier.« Il y a cependant dans ces Églises une prise de conscience de l’existence d’abus et que quelque chose doit être entrepris », a quand même observé Mgr Charles Scicluna devant des journalistes, à quelques jours d’une conférence mondiale organisée par le Vatican sur le combat contre la pédophilie, qui commence aujourd’hui et dure quatre jours.Et en mai dernier, tous les épiscopats s’étaient vu accorder un an pour mettre leurs dispositifs de lutte contre la pédophilie en conformité avec les exigences de Rome, et collaborer avec les justices...
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