Rechercher
Rechercher

À La Une - Égypte

Les violences s’intensifient au Caire

Les manifestants réclament le départ des militaires au pouvoir, tenus pour responsables du drame de Port-Saïd.

De jeunes Cairotes ont manifesté hier près du ministère de l’Intérieur dans la capitale égyptienne. Suhaib Salem/Reuters

Trois personnes ont été tuées hier au Caire après de nouveaux affrontements entre policiers et manifestants réclamant le départ du pouvoir militaire, dans une nouvelle flambée de violences après le drame du match de football meurtrier à Port-Saïd. Les protestataires sont également descendus dans les rues à travers le pays pour exiger que les généraux au pouvoir remettent immédiatement les rênes du pays aux civils.
Au Caire, deux manifestants sont morts après avoir inhalé du gaz lacrymogène aux abords du ministère de l’Intérieur. Et un jeune homme de 20 ans est décédé dans de nouvelles violences en soirée. D’après le ministère de la Santé, 1 051 personnes ont été blessées dans les violences d’hier dans la capitale. La fumée des gaz lacrymogènes flottait sur le centre-ville, où se trouve le ministère de l’Intérieur. Les manifestants, dont certains étaient des « ultras » – de fervents fans de football très organisés –, ont brandi face à la police une pancarte proclamant : « Ceux qui ne méritaient pas de mourir sont morts par la main de ceux qui ne méritent pas de vivre. » Les manifestants ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre, dont les véhicules chargeaient avant de se retirer. Des policiers antiémeute ont matraqué des manifestants qui s’étaient avancés à quelques mètres du ministère. De l’autre côté de la rue, le bâtiment de l’Autorité des taxes était en feu, a indiqué la télévision d’État sans plus de détails. Un soldat blessé devant le ministère de l’Intérieur est décédé à l’hôpital, selon l’agence officielle MENA. Non loin de là, des centaines de personnes se sont rassemblées sur l’emblématique place Tahrir en scandant des slogans hostiles au régime militaire, qui gère le pays depuis la chute du régime de Hosni Moubarak il y a près d’un an. Des centaines de personnes ont également manifesté devant le ministère de la Défense pour « accroître la pression sur l’armée ».
Dans la nuit, des hommes armés de mitraillettes ont attaqué et incendié le poste de police d’al-Marg dans l’est du Caire, libérant les détenus après de violents affrontements avec les policiers, a indiqué une source des services de sécurité. À Dokki, un autre quartier du Caire, cinq hommes ont fait irruption dans un poste de police et ont tenté de s’emparer de l’arme d’un policier qui a réussi à les repousser, selon la même source.
Des affrontements ont aussi repris entre policiers et manifestants à Suez, où les violences ont fait deux morts dans la nuit de jeudi à vendredi. La police a fait usage de gaz lacrymogènes et tiré à la chevrotine pour tenter de disperser les manifestants, selon un journaliste sur place qui a vu des ambulances évacuer les blessés sous une pluie de pierres. Des milliers de personnes ont également manifesté contre l’armée à Alexandrie et Port-Saïd. Signe de la menace croissante que représente la tourmente politique pour l’économie, des Bédouins ont brièvement enlevé deux touristes américaines et leur guide égyptien dans le sud de la péninsule du Sinaï, selon des responsables de la sécurité.

Le CSFA évoque un « complot » et appelle au calme
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui et chargé de la délicate transition démocratique, a accusé « des mains étrangères et intérieures de viser le pays ». Dans un communiqué publié sur Facebook, il a appelé « toutes les forces politiques et nationales de cette grande nation à adopter un rôle historique (...) et à intervenir pour rétablir la stabilité ». Régulièrement accusé de mal gérer cette transition, le CSFA est tenu pour responsable des 74 morts et des centaines de blessés mercredi au stade de Port-Saïd après la première défaite de la saison pour le célèbre club cairote al-Ahly face aux locaux d’al-Masry (3-1). Les Égyptiens sont de plus en plus exaspérés par le pouvoir militaire accusé de violations des droits de l’homme et réclament depuis des mois la fin des procès de civils devant des tribunaux militaires, une refonte du ministère de l’Intérieur et le respect des libertés et de la justice sociale.
Au plan judiciaire, le procureur général a interdit hier au chef de la Fédération égyptienne de football Samir Zaher – au lendemain de son limogeage – et au gouverneur de Port-Saïd Mohammad Abdallah de quitter le pays. Ce dernier avait démissionné suite aux violences.

(Source : AFP)
Trois personnes ont été tuées hier au Caire après de nouveaux affrontements entre policiers et manifestants réclamant le départ du pouvoir militaire, dans une nouvelle flambée de violences après le drame du match de football meurtrier à Port-Saïd. Les protestataires sont également descendus dans les rues à travers le pays pour exiger que les généraux au pouvoir remettent immédiatement les rênes du pays aux civils.Au Caire, deux manifestants sont morts après avoir inhalé du gaz lacrymogène aux abords du ministère de l’Intérieur. Et un jeune homme de 20 ans est décédé dans de nouvelles violences en soirée. D’après le ministère de la Santé, 1 051 personnes ont été blessées dans les violences d’hier dans la capitale. La fumée des gaz lacrymogènes flottait sur le centre-ville, où se trouve le...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut