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À La Une - Liban

Mikati décidé à contrer l’obstructionnisme

Au lendemain de sa décision de geler sine die les séances du cabinet, le Premier ministre a affiché hier sa détermination à contrer la politique d’obstruction pratiquée par le courant aouniste.

Le Premier ministre Nagib Mikati a profité d’une cérémonie organisée hier à Tripoli pour clarifier sa position concernant la décision qu’il a prise de suspendre sine die les réunions du Conseil des ministres, dans l’attente que soit réglé le conflit qui l’oppose aux ministres aounistes au sujet du dossier des nominations. Ce conflit a éclaté au grand jour lors du Conseil des ministres réuni mercredi au palais de Baabda. Les ministres aounistes s’étaient alors opposés à la désignation d’un président du Conseil de discipline dont le nom était avancé par le chef du gouvernement, avec l’appui du président de la République.

 

Dans un discours prononcé à l’occasion de la fin des travaux de la deuxième phase du projet d’agrandissement du port de Tripoli, M. Mikati s’est élevé, dans une allusion à peine voilée au courant aouniste, contre ceux qui « s’emploient à faire de l’obstruction au niveau de l’action du Conseil des ministres et à opérer un retour en arrière ». « Nous refusons une telle attitude au nom des Libanais qui sont parfaitement conscients du fait que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps et de laisser échapper les opportunités qui s’offrent à nous, a déclaré M. Mikati. La question ne se pose pas en termes de démission ou de gel de l’exercice de nos fonctions. Nous ne nous départirons pas de nos responsabilités au service de la patrie. »

 

Commentant le climat qui a entouré le Conseil des ministres de mercredi, M. Mikati a relevé qu’au cours de « toute la période passée, j’ai été la cible de calomnies et de surenchères que j’ai dépassées dans l’intérêt du Liban et des Libanais ». « J’ai fait face à toute sorte de difficultés car l’objectif que je recherche est d’aboutir à la stabilité dans le pays, a déclaré le Premier ministre. J’ai tenu par voie de conséquence à ne pas me laisser entraîner dans les polémiques et dans la politique fondée sur des paris erronés. C’est sur cette base que j’ai toujours été, et que je reste, ouvert au dialogue serein et calme. Mais il ne saurait être question de faire preuve d’indulgence ou de rester passif face aux questions en rapport avec la Constitution, les prérogatives constitutionnelles, les réformes économiques et sociales. »

 

Et de poursuivre : « Mais il est temps que le Conseil des ministres soit productif, efficace, qu’il fasse preuve de cohésion, qu’il soit à la hauteur de ses responsabilités. Il est temps que les questions y soient débattues de manière claire, positive, avec une volonté sincère d’agir et d’effectuer des réalisations, conformément aux usages et aux lois en vigueur. Il ne saurait y avoir de place aux surenchères, à la polémique, aux accusations et aux manœuvres visant à marquer des points ou à faire de l’obstruction. C’est cela qui m’a poussé à prendre la décision de lever la séance (du Conseil des ministres) afin que nous puissions nous entendre sur les moyens de réactiver la productivité du Conseil des ministres, plutôt que de faire de l’obstruction. »

 

« L’action gouvernementale est fondée sur l’interaction et la coopération entre les ministres, dans le cadre d’une seule équipe de travail, dans le but de réaliser l’intérêt public, a ajouté M. Mikati. Ma vision de l’action gouvernementale est que celle-ci devrait être productive et à la hauteur des responsabilités qui nous incombent et des aspirations des Libanais. Les zizanies et les calculs personnels et électoraux ne sauraient servir de critères pour les décisions et les orientations du gouvernement. »

 

« Mon devoir constitutionnel, a poursuivi le Premier ministre, est de gérer l’action gouvernementale et d’en rectifier le tir à chaque fois que cela s’avère nécessaire afin d’assurer la productivité requise au niveau du gouvernement. »

En conclusion, le chef du gouvernement a déclaré que « le pays n’est plus en mesure de supporter davantage de secousses, de même que l’État ne saurait être, et ne sera pas, un espace pour le partage du gâteau et le clientélisme, car la Constitution n’est pas lettre morte et je suis déterminé à servir de bouclier pour protéger la Constitution ».

 

Le Premier ministre Nagib Mikati a profité d’une cérémonie organisée hier à Tripoli pour clarifier sa position concernant la décision qu’il a prise de suspendre sine die les réunions du Conseil des ministres, dans l’attente que soit réglé le conflit qui l’oppose aux ministres aounistes au sujet du dossier des nominations. Ce conflit a éclaté au grand jour lors du Conseil des ministres réuni mercredi au palais de Baabda. Les ministres aounistes s’étaient alors opposés à la désignation d’un président du Conseil de discipline dont le nom était avancé par le chef du gouvernement, avec l’appui du président de la République.
 
Dans un discours prononcé à l’occasion de la fin des travaux de la deuxième phase du projet d’agrandissement du port de Tripoli, M. Mikati s’est élevé, dans une allusion à...
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