« Je ne quitterai pas l’alliance (gouvernementale). Avec le Premier ministre, nous ferons naufrage ensemble ou nous réussirons », a déclaré hier soir le chef du PSP à la LBC, dans le cadre du programme de Marcel Ghanem, Kalam el-Nass.
Il a aussi réaffirmé son souci de maintenir ses bonnes relations avec le Hezbollah, tout en confirmant une nouvelle fois ses divergences de vues avec ce dernier sur plusieurs questions, et notamment au sujet de la situation en Syrie.
Sur la question gouvernementale, le chef du PSP a pressé le Hezbollah de « parler au général Michel Aoun pour le calmer ». « On ne peut plus continuer comme cela. Les ministres aounistes font de la surenchère. Le feuilleton de l’électricité, qui coûte au contribuable libanais 2,5 milliards de dollars annuellement, dure depuis le limogeage de Georges Frem et l’avènement d’Élie Hobeika », a-t-il dit, réfutant l’argument du ministre de l’Énergie, Gebran Bassil, selon qui le recours aux fonds arabes et internationaux pour financer le plan de développement du secteur public prendrait trop de temps.
Et puis, « la question des nominations peut être traitée dans le calme. Personne ne doit se rebiffer, mais il faut s’entraider. Michel Aoun pense que ses partisans sont nobles et que nous ne le sommes pas. Très bien, mais maintenant, ça suffit ! » a-t-il dit, prenant fait et cause pour la nomination de la juge Alice Chabtini, soutenue par Baabda, au poste de président du Conseil supérieur de la magistrature.
Il a également reproché une nouvelle fois au chef du CPL ses « insultes » contre les martyrs de la révolution du Cèdre. « Il ne faudrait pas qu’il oublie que ce sont eux qui lui ont permis de retourner au Liban », en 2005, a-t-il lancé, avant de se dire « fier d’avoir participé à la révolution du Cèdre ».
Interrogé sur ses relations avec le chef du courant du Futur, Saad Hariri, M. Joumblatt les a qualifiées d’« amicales ». Il a souligné qu’une éventuelle rencontre entre MM. Mikati et Hariri à Paris lors de la visite prochaine du premier en France serait « une excellente chose », estimant que M. Hariri devrait pouvoir « aller au-delà de sa déception personnelle » et appelant une nouvelle fois à la reprise du dialogue entre les diverses parties libanaises.
Le chef du PSP a par ailleurs rendu un hommage appuyé à la mémoire du chef du Renouveau démocratique, Nassib Lahoud, décédé hier matin. Rappelant son rôle dans la révolution du Cèdre, il a estimé que si Lahoud « avait été entendu dans les années quatre-vingt-dix, la dette publique libanaise serait aujourd’hui bien moindre ».
« Il était le premier à avoir cru dans le printemps arabe », a encore dit M. Joumblatt, appelant à une participation massive à ses funérailles, samedi prochain.
Au sujet des informations circulant sur une vague d’attentats probables dont il serait l’une des cibles, il a déclaré « ne pas aimer entrer dans ce genre d’histoires » et appelé « les services de sécurité, officiels ou pas, à coopérer ensemble », soulignant que le chef des renseignements des FSI, Wissam Hassan, fait l’objet de « trop d’attaques aveugles ».
Sur la question syrienne, qui a occupé la plus grande partie de l’émission, M. Joumblatt a réitéré sa position en faveur d’une solution politique qu’il estime toujours possible.
Affirmant ne pas miser sur la chute du régime syrien ni sur une intervention militaire extérieure, dont il a rejeté le principe, il a néanmoins imputé au président Bachar el-Assad la responsabilité de l’internationalisation de la crise du fait de son refus de mettre fin à la répression violente et d’engager le processus politique.
« Il n’a écouté personne. Le Qatar, la Turquie, Nicolas Sarkozy, tous le soutenaient. Il a rompu avec tout le monde », a-t-il lancé, invitant par ailleurs l’Iran à se ranger aux côtés du peuple syrien.
Interrogé sur les druzes alliés au régime et sur les visites du député Talal Arslane et de l’ancien ministre Wi’am Wahab à Bachar el-Assad, M. Joumblatt a dit : « Ils vont dans le sens contraire à l’histoire. »
Il a fait part de son approbation de la politique officielle libanaise consistant à « se tenir à l’écart » de la crise en Syrie, estimant néanmoins que le comportement du ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, était « factieux » à cet égard.
Dans le même temps, M. Joumblatt a rejeté toute utilisation du territoire libanais comme base de départ pour des attaques contre la Syrie et qualifié de « folie » toute politique fondée sur un revanchisme sunnite au Liban en cas de chute du régime syrien.
« Il y a en Syrie des alaouites, des sunnites, des chrétiens et des druzes avec le régime et d’autres, des mêmes confessions, contre », a-t-il enfin souligné.


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Pas besoin de réclamer votre censure Mr Jabbour, ni celle de tous ceux qui comme vous aiment le général plus que lui-même. Ce n'est pas non plus en écrivant en majuscules que votre message passera. Nos arguments sont solides et si vos messages ne sont pas toujours publiés, c'est bien parce que la délicatesse, la politesse et la bienséance ne sont pas votre fort. Voila un lien qui rafraîchira votre mémoire je l’espère: http://www.ina.fr/ardisson/tout-le-monde-en-parle/video/I09189217/interview-general-michel-aoun.fr.html
00 h 29, le 07 février 2012