« Un miracle a eu lieu dimanche soir à la télévision officielle : pour la première fois depuis des années, les chaînes NTV et Pervy ont donné la parole à l’opposition », a ainsi écrit sur le site de la radio indépendante Echo de Moscou l’ex-ministre russe de l’Économie Andreï Netchaïev.
L’opposant Boris Nemtsov, l’un des organisateurs des manifestations contre la victoire du parti de Vladimir Poutine aux législatives, a en effet critiqué ouvertement les élections du 4 décembre sur la chaîne NTV qui s’est distinguée ces derniers mois en diffusant des reportages dénigrant les opposants russes. Dimanche soir, également en prime time, le libéral Vladimir Ryjkov a dénoncé « le parti de voleurs et de fripouilles » de M. Poutine sur la chaîne Pervy (Première). La semaine dernière, d’autres opposants comme l’ex-champion des échecs Garry Kasparov et un ancien conseiller économique de M. Poutine passé à l’opposition, Andreï Illarionov, étaient également apparus brièvement à la télévision officielle.
Après les dernières manifestations qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes en Russie, « le Kremlin a décidé qu’en autorisant l’apparition des opposants, il pourra garder le pouvoir », a estimé l’expert des médias Daniil Dandoureï. Le régime russe est effectivement confronté depuis décembre à la plus importante vague de contestation depuis que Vladimir Poutine a pris la tête du pays en 2000. Elle avait été déclenchée par des législatives marquées par des fraudes, selon l’opposition et des observateurs étrangers. La popularité de M. Poutine, Premier ministre depuis près de quatre ans, est donc en baisse, mais il reste le grand favori de la présidentielle de mars, à l’issue de laquelle il compte revenir au Kremlin qu’il avait dû quitter après deux mandats consécutifs (2000-2008).
(Source : AFP)


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