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À La Une - Répression

Syrie : forcing diplomatique des Occidentaux à New York

L'opposition met en garde contre un "massacre" dans une province de Damas ; Washington juge "inévitable" la chute de Bachar el-Assad.

Funérailles, lundi, de 22 soldats syriens tués dans les combats. Photo Sana/

Face à l'escalade meurtrière de la violence en Syrie, les appels à une intervention de l'ONU se font de plus en plus pressants. Les regards sont désormais tournés vers New York, où le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, doit présenter mardi le plan de sortie de crise défendu par son organisation. Ce plan prévoit la fin des violences et le transfert des pouvoirs de Bachar el-Assad à son vice-président avant l'ouverture de négociations avec l'opposition. Mais la Russie, allié traditionnel de Damas, a réaffirmé son opposition à ce plan, excluant toute négociation sur ce texte "inacceptable".

 

Les chefs des diplomaties américaine, française et britannique, Hillary Clinton, Alain Juppé et William Hague, iront également mardi à New York pour effectuer un forcing en faveur d'un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU entérinant le plan de la Ligue.

 

"Le Conseil de sécurité doit agir afin de faire clairement savoir au régime syrien que la communauté internationale considère ses agissements comme une menace pour la paix et la sécurité", a dit Hillary Clinton.


"Nous avons constaté les conséquences de la négligence et de l'inaction du Conseil de sécurité au cours des 10 derniers mois", a martelé de son côté l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Susan Rice. Mme Rice a estimé que l'heure était venue pour le Conseil de sécurité de soutenir le plan de la Ligue arabe


"Les équilibres ont évolué au sein du Conseil de sécurité", ont déclaré des sources diplomatiques françaises. Selon elles, "au moins dix pays" sur les quinze que compte le Conseil pourraient désormais être en faveur du projet. Aucun vote n'est cependant prévu mardi sur le texte, selon des diplomates.


Moscou et Pékin avaient déjà mis leur veto en octobre à une précédente résolution dénonçant la répression sanglante de la révolte populaire en Syrie, qui a fait plusieurs milliers de morts depuis mars 2011, selon l'ONU.

 

Malgré ce bras de fer diplomatique engagé ente les Occidentaux et la Russie, la Maison blanche a estimé lundi que la chute de Bachar el-Assad était inévitable et que le président syrien "allait partir" car son gouvernement a perdu le contrôle sur le pays

 

 

Non aux discussions avant le départ d'Assad


Parallèlement, l'opposition syrienne a conditionné lundi toute négociation avec les autorités à un départ du président syrien. Réagissant à l'annonce par Moscou de l'accord donné par les autorités syriennes à des négociations informelles avec l'opposition en Russie, le président du Conseil national syrien (CNS) Burhan Ghalioun a affirmé à l'AFP: "La démission d'Assad est une condition pour toute négociation sur la transition vers un gouvernement démocratique en Syrie. Si les Russes veulent une solution négociée à la situation dramatique dans le pays, ils doivent admettre qu'Assad doit partir car un assassin du peuple ne doit pas superviser une transition vers la démocratie", a-t-il ajouté, parlant au téléphone depuis New York.

 

Le chef d'un autre mouvement d'opposition, basé à Damas, Hassan Abdel Azim, a abondé dans le même sens. "Toute négociation et toute rencontre sont inenvisageables à l'ombre des violences qui augmentent, des tueries et des arrestations qui se poursuivent", a déclaré à l'AFP Abdel Azim, chef du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND).


 

Un "massacre" aux portes de Damas...


Sur le terrain, au lendemain d'une journée particulièrement meurtrière à travers la Syrie, avec 80 morts dont une moitié de civils, les violences s'intensifient aux portes de la capitale, Damas. Les combats et les opérations sécuritaires ont fait, lundi, au moins 53 morts, dont 35 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

A Homs (centre), 20 civils ont été tués par les forces de sécurité et neuf autres dans des affrontements dans la province de Deraa (sud). Un civil a péri dans la région d'Idleb (nord-ouest) et cinq autres à Zamalka et Hamourié, dans la banlieue est de Damas.


Dans la province de Deraa, où de violents affrontements ont lieu entre l'armée et des soldats dissidents, six agents de sécurité ont été tués dans l'attaque de leur minibus par des dissidents, selon l'OSDH. Deux militaires ont en outre trouvé la mort près de Saraqeb, dans la province d'Idleb.


Selon l'OSDH, 10 déserteurs ont été également tués, dont deux à Rankous, une ville assiégée depuis six jours à 40 km au nord de Damas. Le CNS a mis en garde contre un éventuel massacre "de centaines de jeunes gens que les services de sécurité syriens ont rassemblés sur une place publique" de cette ville. Dans un communiqué, le CNS exhorte "les médias arabes et internationaux" à alerter l'opinion publique.


L'Union des coordinations de la Révolution syrienne (UCRS), un des groupes qui organisent la mobilisation, a appelé à "former des comités populaires pour défendre les zones résidentielles" contre les forces d'Assad.

 

Près de la frontière libanaise, à l'ouest, une attaque "terroriste" contre un gazoduc a par ailleurs provoqué une fuite d'environ 460.000 m3 de gaz, selon l'agence officielle Sana.

 

La Ligue syrienne des droits de l'Homme (LSDH) a en outre annoncé l'exécution la semaine dernière, par les services de Renseignements, du fondateur de la première unité de dissidents, l'officier Hussein Harmouche. Premier officier de l'armée syrienne à avoir annoncé sa défection en juin 2011 pour protester contre la répression, Hussein Harmouche avait réussi à gagner la Turquie où il avait fondé "la brigade des officiers libres", qui s'est par la suite unie à l'ASL.

Il était réapparu en septembre pour présenter des "aveux" à la télévision publique, de son propre gré selon ses dires, mais sous la pression des services de Renseignements qui l'ont enlevé en Turquie puis emprisonné en Syrie selon des militants.

 

Par ailleurs, un journaliste russe, Alexandre Rybine, travaillant pour un hebdomadaire russophone au Tadjikistan, ex-république soviétique d'Asie centrale, est porté disparu depuis mercredi en Syrie, selon le rédacteur en chef du journal, Djamched Oulmassov, qui a donné cette indication à l'agence Ria-Novosti.

 

Lire aussi : 

Une tentative de fuite de la famille Assad avortée ?
Face à l'escalade meurtrière de la violence en Syrie, les appels à une intervention de l'ONU se font de plus en plus pressants. Les regards sont désormais tournés vers New York, où le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, doit présenter mardi le plan de sortie de crise défendu par son organisation. Ce plan prévoit la fin des violences et le transfert des pouvoirs de Bachar el-Assad à son vice-président avant l'ouverture de négociations avec l'opposition. Mais la Russie, allié traditionnel de Damas, a réaffirmé son opposition à ce plan, excluant toute négociation sur ce texte "inacceptable".
 
Les chefs des diplomaties américaine, française et britannique, Hillary Clinton, Alain Juppé et William Hague, iront également mardi à New York pour effectuer un forcing en faveur d'un projet de résolution...
commentaires (7)

- - Monsieur Sursock , je vous ai bien répondu , surtout sur la dernière phrase de votre réaction , qui n'engage que vous ! mais le modérateur n'a pas jugé ma réaction publiable , pourtant , elle n'avait rien d'insultant et ne comportait que des vérités . Merci de publier au moins ça ! PS : Je remercie monsieur Safa qui nous a appris que Khaddam était Syrien !

JABBOUR André

06 h 52, le 31 janvier 2012

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Commentaires (7)

  • - - Monsieur Sursock , je vous ai bien répondu , surtout sur la dernière phrase de votre réaction , qui n'engage que vous ! mais le modérateur n'a pas jugé ma réaction publiable , pourtant , elle n'avait rien d'insultant et ne comportait que des vérités . Merci de publier au moins ça ! PS : Je remercie monsieur Safa qui nous a appris que Khaddam était Syrien !

    JABBOUR André

    06 h 52, le 31 janvier 2012

  • M Sursock a eu la délicatesse de ne pas souligner que l'ombudsman Khaddam (qui essaye de se refaire une virginité) est tout de même Syrien, lui.

    Paul-René Safa

    04 h 30, le 31 janvier 2012

  • Je n' ai pas de camp politique Mr. Jabbour , Je me contente d'avoir ete temoin de A a Z et sur place comme vous le dite si bien pour vous demander de revoir vos renseignements . Je sait que vous aussi savez comme il faisait bon vivre au Liban avant 70 mais ce que vous semblez ingorer c'est que ce Liban la a ete anneanti par la famille Assad dont Khaddam n'etait que le petit serviteur comme l'est votre GMA aujourdhui

    Georges Sursock

    15 h 00, le 30 janvier 2012

  • - - Quel plaisir de vous relire monsieur Georges Sursock , après une si longue absence !! Vous êtes bien placé pour savoir que j'ai raison sur Khaddam , car vous êtes un témoin de l'histoire monsieur Sursock .. Mais bon , les circonstances veulent que vous soyez du côté de votre camp politique dans cette vérité , alors je vous comprend , mais vous ne changerez pas l'histoire , qui elle , est déjà écrite et VOUS monsieur Georges Sursock , vous savez de quoi je parle ..

    JABBOUR André

    12 h 30, le 30 janvier 2012

  • Dites Jabbour, vous n'avez toujours pas répondu à ma question : ne vous sentez-vous pas un peu seul ICI ?

    Robert Malek

    12 h 10, le 30 janvier 2012

  • Mr. Jabbour nous raconte que l'armee syrienne agissait sous les ordres de Khaddam contre la volonte des Assad..... Pour l'amour de dieu ou de Aoun cessez Monsieur de prendre les gens pour des idiots......

    Georges Sursock

    11 h 09, le 30 janvier 2012

  • - - Durant notre guerre civile , Je me souviens qu'avant de se rendre à tAEF , les Libanais se rendaient à Lausanne en Suisse pour discuter entre " eux " à l'hôtel Beau Rivage . La légalité de l'époque était représentée par le Président Gémayel et le front Libanais d'un côté , et l'opposition représentée à l'époque principalement par J&B ; Walid Joumblatt et Nabih Berri d'un autre .. Puis ce fut Canossa et son testament qui s'intitule tAEF ! Tout cela était chapeauté par le Syrien Khaddam et les canons de son armée qui occupait le pays . Les Syriens eux se rendent à Moscou en première étape , mais n'auront pas à subir Canossa puisque c'est leur armée qui contrôle la Syrie " bilad el cham " et non celle des Turcs , ou des émiratis ou du Qatar ou bien d'arabie .. Ils ne boiront pas le Calice jusqu'à la lie , comme nous avons été obligé à le faire ..

    JABBOUR André

    09 h 50, le 30 janvier 2012

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