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À La Une - Politique

Aoun ouvre le feu dans toutes les directions

Le chef du CPL appelle ses partisans à s’apprêter à déclencher un mouvement de protestation.

Rendu furieux par le médiocre bilan de sa participation – pourtant massive – au gouvernement Mikati et par la grave crise de l’électricité qui touche l’un des fleurons de ses ministères, le général Michel Aoun a décidé, hier, d’ouvrir le feu dans toutes les directions, affirmant que « tout le système en place conspire contre le CPL » et appelant ses partisans à se tenir prêts à descendre dans la rue.

 

Certes, l’opposition en a pris pour son grade, mais le général n’a nullement épargné ses partenaires au sein du gouvernement, qu’il a implicitement regroupés sous le label du « haririsme politique ». Et il s’est littéralement déchaîné, sous les vivats des cadres du CPL devant qui il s’exprimait, contre le président de la République, Michel Sleiman, et contre le corps judiciaire.

 

Il s’en est même pris avec une grande violence aux « martyrs vivants », c’est-à-dire les personnalités qui avaient échappé à des attentats perpétrés contre eux, à l’instar de Marwan Hamadé, May Chidiac et Élias Murr.

« Nous croyons dans la patrie et dans la citoyenneté, a déclaré d’emblée le général Aoun, mais nous nous sommes heurtés à des gens qui font partie de l’école au pouvoir depuis 1993 et pour certains d’entre eux depuis 1984 », dans une évidente allusion au président de la Chambre, Nabih Berry.

« Il se croient membres d’une entreprise qui gouverne le pays, mais nous sommes différents. Le pays est parvenu à une phase difficile dans laquelle les critères moraux et juridiques ne sont pas respectés. La République n’arrive pas à décoller », a-t-il ajouté.

 

« Le clientélisme est roi. La société anonyme accroît ses bénéfices et les citoyens sombrent de plus en plus dans le besoin. C’est la corruption qui stoppe le développement, anéantit les ressources de l’État, extirpe les fonds du Trésor et les transforme en gains privés. Je ne fais pas ici d’accusation politique, j’accuse vraiment », a-t-il dit.

Et de poursuivre : « Il est normal que dans cette confrontation, ils tentent de nous empêcher de corriger leurs erreurs. Certains d’entre eux, on les appelle les martyrs vivants. En réalité, ce sont des bandits vivants, car qui sait pourquoi avait-on attenté à leurs vies ? Il est possible que l’un d’eux ait été pris pour cible parce qu’il trompait sa femme. Et après cela, on l’affuble du titre de martyr de la nation. »

« Nous avions cru que dans le cadre de nos ministères, nous pouvions travailler de façon autonome. Aujourd’hui, nous avons le sentiment qu’ils s’ingèrent dans les affaires de nos ministères. Nous ne voulons être les associés de personne. Nous formons une école nouvelle alors qu’eux voudraient que nous nous joignions à eux pour partager les butins », a-t-il dit.

« Ceux-là qui bloquent les routes (pour protester contre les coupures du courant électrique) ne paient pas leurs factures et la majorité silencieuse encourage le crime en continuant à se taire », a encore lancé le général Aoun.

 

« Nous accusons tout le monde »

« Tout le système en place conspire contre le CPL. Ils nous prennent pour cible parce que nous les avons dénoncés et leur terreur ne nous fait pas peur. Nous accusons tout le monde. Que celui qui a un reproche à nous faire dévoile ses preuves. Pour notre part, nous disposons des documents qui montrent que ce sont des escrocs. »

« Qui donc est responsable du problème depuis 1993 jusqu’à présent ? C’est le haririsme politique qui était au pouvoir. Aujourd’hui, le courant du Futur défend les escrocs et il y a des gens qui se taisent. Mais ceux qui se taisent sont complices », a-t-il ajouté.

 

Et d’ajouter : « Les questions financières nous importent davantage encore que les nominations. Mais si nous insistons autant pour ce qui est (de la nomination du président) du Conseil supérieur de la magistrature, c’est parce que nous voulons les juger. L’insolence est arrivée à un tel point que les accusés et les condamnés deviennent innocents. Voilà pourquoi nous n’avons pas confiance dans le corps judiciaire. Ses responsables le laissent pourrir et quand nous avons voulu changer les choses, le ciel et la terre ont été remués. L’instance qui nous fait face (le président de la République) se fiche de la Constitution, des finances publiques et de l’état des services (de sécurité). Il y a des articles de la Constitution qui ne sont pas respectés. Pourquoi alors le chef de l’État prête-t-il serment de préserver la Constitution ? »

 

« Est-ce un État ou une association de malfaiteurs ? Où sont donc passées les donations ? Le Haut Comité de secours n’est soumis à aucun règlement et ne s’est pas réuni une seule fois. En dépit de cela, des milliards sont partis en fumée. Et la Caisse des déplacés ? Qui donc a perçu les sommes destinées aux personnes déplacées ? »

« (Fouad) Siniora se fâche quand nous demandons que le courant électrique soit rationné à Beyrouth. Pourquoi dois-je payer moi-même 1 500 dollars chaque mois pour mon mazout alors que Mohammad Kabbani (député de Beyrouth et président de la commission parlementaire de l’Énergie) n’a pas à payer ? »

 

« Comment accepter que des gens à moitié fous nous gouvernent. Je veux une réponse du Premier ministre (Nagib Mikati) et du président de la Chambre. Quant au troisième (Michel Sleiman), je ne veux rien lui demander, car je n’obtiendrai pas de réponse (...) Tout le monde entrave le plan de l’électricité. »

S’adressant aux personnes présentes, le général leur a dit, pour conclure : « En tant que cadres du CPL, vous avez la responsabilité de définir les modalités de mobilisation pour que, le moment venu, vous soyez prêts à descendre dans la rue. Nous devons montrer à cette République que ses jours sont finis. Et nous finirons avec eux par la voie de la justice. »

Rendu furieux par le médiocre bilan de sa participation – pourtant massive – au gouvernement Mikati et par la grave crise de l’électricité qui touche l’un des fleurons de ses ministères, le général Michel Aoun a décidé, hier, d’ouvrir le feu dans toutes les directions, affirmant que « tout le système en place conspire contre le CPL » et appelant ses partisans à se tenir prêts à descendre dans la rue.
 
Certes, l’opposition en a pris pour son grade, mais le général n’a nullement épargné ses partenaires au sein du gouvernement, qu’il a implicitement regroupés sous le label du « haririsme politique ». Et il s’est littéralement déchaîné, sous les vivats des cadres du CPL devant qui il s’exprimait, contre le président de la République, Michel Sleiman, et contre le corps judiciaire.
 
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