Après la récente mise en cause de la « police des polices », M. Guéant dénonce une campagne systématique visant les hommes de confiance de Nicolas Sarkozy, répondant ainsi aux accusations formulées dans un livre de journalistes du Point et du Canard enchaîné intitulé L’espion du président qui paraissait hier et dont Le Point publie des extraits. L’ouvrage accuse de ce fait Bernard Squarcini d’être « instrumentalisé » par l’Élysée et d’avoir notamment créé au sein du « FBI à la française », fort de 4 000 fonctionnaires, un groupe d’ « opérations spéciales » capable de « rentrer n’importe où ».
« Je ne suis l’espion de personne », réagit Bernard Squarcini dans un communiqué où il dit « ne pas accepter » que « le service que je dirige soit attaqué au travers des responsabilités que j’exerce ». « Ce service est composé de fonctionnaires avec des opinions politiques et syndicales différentes. Ils sont tous dotés d’un grand sens du service public qui les conduit à servir l’État, quel que soit l’engagement politique du gouvernement », écrit-il.
En attendant, l’équipe de campagne de François Hollande a réclamé hier des explications après les accusations portées contre M. Squarcini, qu’elle juge « très graves ». Pour Bernard Cazeneuve, l’un des porte-parole du candidat socialiste à l’élection présidentielle, on se rapprocherait le cas échéant « de pratiques déontologiquement, politiquement et moralement inacceptables ». « Si ces faits sont établis, ils sont d’une extrême gravité et l’ensemble des personnes qui en ont eu connaissance doivent s’expliquer », a-t-il dit. « L’ensemble des responsables au courant de cette affaire doivent s’expliquer », a-t-il assuré.
Notons que Bernard Squarcini a été mis en examen en octobre 2011 pour « atteinte au secret des correspondances » dans une affaire d’écoutes des communications de journalistes du Monde. Selon les auteurs de L’espion du président, le responsable policier aurait aidé Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 à déminer les « pièges », comme le scandale Clearstream. En retour, le chef de l’État l’a placé en 2008 à la tête de la DCRI, puissant service né alors de la fusion entre la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la direction centrale des Renseignements généraux (RG).
(Source : Reuters)


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