Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Norvège

La chef controversée du renseignement démissionne après une gaffe

Un théâtre de Copenhague crée la polémique en adaptant sur scène le manifeste de Breivik.

Janne Kristiansen et Christian Lollike ont tous deux suscité un tollé général en Norvège, l’une pour violation de confidentialité, l’autre pour son adaptation théâtrale du manifeste de Breivik. Jorgen Jessen/Scanpix/AFP

Janne Kristiansen, la chef du renseignement intérieur norvégien (PST), très critiquée après les attaques qui ont ensanglanté la Norvège le 22 juillet, a démissionné mercredi soir après avoir révélé des informations supposées être confidentielles.
« La chef du PST Janne Kristiansen m’a informée qu’elle se retirait de son poste avec effet immédiat », a déclaré la ministre de la Justice Grete Faremo lors d’un point de presse. « La raison est qu’une possible rupture de son devoir de confidentialité a été constatée à l’occasion de la révélation d’informations classifiées », a-t-elle dit, qualifiant les faits incriminés d’« extrêmement graves ».
Mercredi lors d’une audition par une commission parlementaire, Mme Kristiansen avait révélé, à mi-mots, que le renseignement militaire norvégien, le service E, disposait d’agents au Pakistan. « Ils devraient répondre eux-mêmes (mais) ils sont représentés dans les pays que vous avez à l’esprit. Et nous avons une coopération étroite avec le service E », avait dit Mme Kristiansen, interrogée par un député sur des contacts entre la Norvège et les services secrets pakistanais. Ces déclarations surviennent dans un climat de défiance entre les pays occidentaux, États-Unis en tête, et les services pakistanais soupçonnés notamment de soutenir en sous-main les talibans afghans.
Conséquence des propos tenus par Mme Kristiansen, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a convoqué hier l’ambassadeur norvégien à Islamabad, a rapporté sur son site le journal Aftenposten. L’unité spéciale de la police norvégienne a donc ouvert une enquête pour déterminer si Mme Kristiansen avait violé son devoir de confidentialité, d’après son chef Jan Egil Presthus.
Mme Kristiansen avait déjà été critiquée après le 22 juillet pour des déclarations tendant à dédouaner ses services qui n’ont pas réussi à empêcher les attaques qui avaient fait 77 morts. « Même la Stasi en Allemagne de l’Est n’aurait pas pu détecter cette personne », avait-elle dit le 25 juillet en évoquant l’auteur du carnage l’extrémiste de droite Anders Behring Breivik. Il s’est avéré ultérieurement que ses services ont ignoré ou sous-estimé des informations susceptibles d’attirer leur attention sur Behring Breivik.
Dans ce contexte, un théâtre de Copenhague crée la polémique en adaptant en monologue le manifeste d’Anders Behring Breivik qui sera incarné par un comédien cet été, a-t-on appris hier auprès de l’établissement.
Le directeur artistique du « Café Teatret » Christian Lollike reconnaît dans le quotidien Politiken que les attaques en Norvège ont été « une épouvantable tragédie » et que Behring Breivik « a exécuté les gens d’une façon très cruelle ». « Mais le raisonnement qui est derrière les actes (...) exprime une conception politique et idéologique. Cela peut se reproduire », d’après lui. « Ce dont j’ai peur, c’est que le raisonnement de Breivik soit délaissé et ne fasse pas l’objet d’une réflexion et d’une recherche », a-t-il expliqué pour justifier sa démarche. Le directeur du Théâtre norvégien à Oslo, Erik Ulfsby, n’est pas convaincu : « L’argumentation de Lollike est une mauvaise excuse pour attirer l’attention sur son propre projet », a-t-il répondu à Politiken.
Hostile au multiculturalisme et à l’« invasion musulmane » en Europe, Behring Breivik avait rédigé un manifeste de 1 500 pages qui éclaire les haines du tueur lancé dès 2002 dans une croisade contre l’islam, le socialisme et les médias.

(Source : AFP)
Janne Kristiansen, la chef du renseignement intérieur norvégien (PST), très critiquée après les attaques qui ont ensanglanté la Norvège le 22 juillet, a démissionné mercredi soir après avoir révélé des informations supposées être confidentielles.« La chef du PST Janne Kristiansen m’a informée qu’elle se retirait de son poste avec effet immédiat », a déclaré la ministre de la Justice Grete Faremo lors d’un point de presse. « La raison est qu’une possible rupture de son devoir de confidentialité a été constatée à l’occasion de la révélation d’informations classifiées », a-t-elle dit, qualifiant les faits incriminés d’« extrêmement graves ».Mercredi lors d’une audition par une commission parlementaire, Mme Kristiansen avait révélé, à mi-mots, que le renseignement militaire...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut