La monnaie iranienne, le rial, a atteint hier son plus bas niveau jamais enregistré face au dollar, a rapporté l’agence ISNA, s’appuyant sur les taux pratiqués sur le marché noir des changes. Le rial a plongé à 18 000 rials le dollar, alors qu’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne est programmée lundi prochain, au cours de laquelle il est probable que de nouvelles sanctions seront décidées à l’encontre de l’Iran. Le gouvernement iranien a tenté ces dernières semaines de maintenir la valeur du rial en imposant des taux de change plus élevés dans les banques et les bureaux de change, interdisant les transactions menées hors de ces institutions. Mais de nombreux bureaux de change ont refusé de vendre ou d’acheter des dollars au taux imposé, et des agents ont continué à faire le change sur le marché noir en dépit de contrôles policiers, selon des témoins dans le centre de Téhéran. Un site Internet qui fournit l’évolution en temps réel du taux non régulé, mesghal.ir, évoquait le taux de 18 200 rials pour un dollar hier. L’accès à ce site est bloqué depuis l’Iran, bien qu’il soit possible de contourner le blocage. Le taux évoqué par ISNA représente un écart de 29 % avec le taux imposé de 14 000 rials le dollar. Le rial a perdu 40 % de sa valeur par rapport au dollar ces trois derniers mois, au fur et à mesure que les États-Unis et l’Europe durcissaient les sanctions visant l’économie iranienne pour pousser Téhéran à renoncer à son programme nucléaire controversé. Cette baisse a brutalement accéléré début janvier, dans la foulée de la ratification par le président américain Barack Obama d’une loi renforçant les sanctions visant le secteur financier iranien et les entreprises étrangères commerçant avec l’Iran. Le ministre de l’Économie Shamseddin Hosseini et le chef de la Banque centrale Mahmoud Bahmani, convoqués mardi devant le Parlement à ce sujet, se sont engagés à reprendre le contrôle des taux de change. Ils ont « promis de reprendre en main la situation sur le marché dans les jours qui viennent », afin qu’il n’y ait plus d’écart entre le taux officiel et celui pratiqué sur le marché noir, a déclaré le vice ministre de l’Économie, Mohsen Salehi-Nia, à l’agence Mehr. Bien que le gouvernement ait rejeté tout lien entre les sanctions occidentales et la chute du rial, certains responsables ont reconnu des « tensions psychologiques », ayant un impact sur la population iranienne. Le pays a connu une ruée vers l’or et d’autres biens déconnectés des devises. Le prix de la pièce d’or a ainsi augmenté de 16 % en Iran la semaine passée selon IRNA. L’Union européenne se prépare à mettre en place de nouvelles sanctions contre l’Iran, annonçant notamment un embargo sur l’exportation de la plus précieuse de ses ressources, le pétrole. Des responsables américains ont dans le même temps été envoyés vers plusieurs pays entretenant des liens commerciaux significatifs avec l’Iran pour les persuader d’isoler la république islamique financièrement. La plongée du rial intervient dans un contexte de tensions militaires autour du détroit d’Ormuz, lieu de transit stratégique pour le trafic maritime pétrolier, et d’opérations secrètes contre le programme nucléaire iranien. Les pays occidentaux craignent que ce programme, dont Téhéran affirme qu’il est à visée strictement civile, ne dissimule une tentative de construire des armes nucléaires.
(Source : AFP)
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