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Moyen Orient et Monde - Analyse

La violence risque de s’aggraver en l’absence de solutions politiques en Irak

Les ministres dissidents d’Iraqiya écartés de leurs ministères.
La violence qui ensanglante l’Irak depuis la mi-décembre, après le départ de l’armée américaine, risque de s’aggraver en l’absence de solution politique, sans que le pays bascule pour le moment dans une nouvelle guerre civile, selon des analystes. Plus de 200 personnes, dont un grand nombre de pèlerins chiites, ont été tuées depuis l’éclatement d’une crise politique le 17 décembre, notamment dans trois attentats particulièrement meurtriers les 22 décembre, 5 et 14 janvier.
Plusieurs responsables du bloc Iraqiya, coalition laïque soutenue par les sunnites et en conflit ouvert avec le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, ont mis en garde contre un risque de guerre interconfessionnelle si M. Maliki, accusé d’autoritarisme, n’était pas ramené à la raison. « L’Irak traverse actuellement la phase la plus dangereuse de son histoire », a lancé dimanche l’ancien Premier ministre Iyad Allaoui, l’un des leaders d’Iraqiya, disant craindre pour « l’avenir du pays ». Mais les analystes, s’ils n’écartent pas un accroissement de la violence dans les mois à venir, sont plus nuancés sur le risque d’affrontements entre communautés religieuses. Les insurgés responsables des attentats tentent de « mettre à profit la fragilité de la situation », frappant un jour une zone chiite, un autre jour une zone sunnite, estime Mahmoud Othmane, député indépendant kurde. « Ils multiplient leurs actions car il existe une opportunité pour eux », souligne-t-il. « Mais heureusement, les gens sont plus responsables que leurs dirigeants, donc je ne crois pas (qu’une guerre civile) soit une véritable possibilité », juge-t-il. La sécurité en Irak était bien meilleure il y a un an et les attentats « vont continuer » si aucune issue à la crise n’est trouvée, prévient-il toutefois.
Le conflit politique a éclaté alors que les derniers soldats américains quittaient le pays et qu’un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, accusé de diriger un groupe de tueurs. Il paraît depuis enlisé, les protagonistes ne pouvant s’entendre sur le lieu d’une conférence pour négocier un règlement. Et hier, il semble s’être envenimé un peu plus, les ministres du bloc Iraqiya, qui boycottent le gouvernement depuis la mi-décembre, n’étant plus autorisés à gérer leurs ministères, selon un communiqué du porte-parole du gouvernement.
Pour John Drake, analyste de la société de sécurité AKE Group, « le système politique est encore fragile ». « Si les gens ont foi en lui, ils s’y engageront pour résoudre leurs contentieux et leurs disputes. » Mais « s’ils pensent que les hommes politiques sont inefficaces, corrompus ou autoritaires, ils essaieront d’autres méthodes » en se repliant sur « les structures tribales ou en optant pour la violence », prévient-il. Ranj Alaaldin, qui travaille pour la société britannique d’évaluation des risques Certus Intelligence, note pour sa part que « les principaux représentants des Arabes sunnites n’ont aucun intérêt à recourir à la violence ou à se mettre à collaborer avec el-Qaëda ». S’ils sont en quête de pouvoir, c’est « via la politique et les élections », souligne-t-il. « Les sunnites ne vont tout simplement pas s’engager dans une guerre perdue d’avance », estime-t-il. Les sunnites sont minoritaires face aux chiites en Irak.
Reidar Visser, analyste et auteur d’un site dédié à l’Irak (www.historiae.org), est également d’avis que les forces de sécurité se sont avérées capables « en général de maintenir jusqu’ici la stabilité ». Reste à sauver le fragile compromis entre factions politiques péniblement établi fin 2010 au terme de neuf mois de tergiversations. « La plus grande menace pour le moment semble être un retrait permanent d’Iraqiya du Parlement, ce qui signifierait le déraillement de toute la tentative d’établir une démocratie en Irak après 2003 », estime M. Visser.

(Source : AFP)
La violence qui ensanglante l’Irak depuis la mi-décembre, après le départ de l’armée américaine, risque de s’aggraver en l’absence de solution politique, sans que le pays bascule pour le moment dans une nouvelle guerre civile, selon des analystes. Plus de 200 personnes, dont un grand nombre de pèlerins chiites, ont été tuées depuis l’éclatement d’une crise politique le 17 décembre, notamment dans trois attentats particulièrement meurtriers les 22 décembre, 5 et 14 janvier.Plusieurs responsables du bloc Iraqiya, coalition laïque soutenue par les sunnites et en conflit ouvert avec le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, ont mis en garde contre un risque de guerre interconfessionnelle si M. Maliki, accusé d’autoritarisme, n’était pas ramené à la raison. « L’Irak traverse actuellement la phase la...
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