Avec 980 millions de visiteurs, ce chiffre, publié hier par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), est conforme à la fourchette de prévisions (croissance de 4 à 5 %).
« L’année s’est caractérisée par une reprise économique mondiale au point mort, d’importants changements politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et des catastrophes naturelles au Japon », a souligné l’organisme, qui dépend des Nations unies et dont le siège est à Madrid.
Trois ans après le début de la crise internationale, le tourisme continue de vivre une « conjoncture difficile », a reconnu le président de l’OMT, Taleb Rifai, qui a qualifié d’« encourageants » les résultats de 2011.
Ce secteur, « directement responsable à 5 % du PIB mondial », selon M. Rifai, avait été frappé de plein fouet par la crise en 2008, son rythme ralentissant à 2 %, avant de vivre en 2009 « sa pire année depuis 60 ans », avec une chute de 4 % des arrivées de touristes. Il avait finalement rebondi de 6,7 % en 2010.
L’année 2011 a semblé plus en demi-teinte.
« De toutes les régions, c’est l’Europe qui a le mieux tiré son épingle du jeu », précise ainsi l’OMT, progressant de 6 % avec 503 millions de touristes, bien mieux qu’en 2010 (+3 %).
C’est en fait la seule à avoir vécu une meilleure année que la précédente : l’Afrique, par exemple, a connu une croissance nulle, avec 50 millions de visiteurs, contre 6 % en 2010.
« La hausse de deux millions (de touristes) dans les destinations de l’Afrique subsaharienne (+7 %) a été neutralisée par les pertes en Afrique du Nord (-12 %) », où ont eu lieu de nombreux soulèvements populaires en 2011, a expliqué l’OMT.
Même effet pour la région Moyen-Orient, qui a vu son nombre de visiteurs fondre de 8 %, soit 5 millions de touristes en moins, alors qu’il avait bondi de 14 % un an plus tôt.
Les touristes qui auraient dû aller dans ces deux régions se sont souvent rabattus sur les pays européens en bordure de Méditerranée, ce qui explique aussi les bonnes performances de l’Europe.
L’Asie-Pacifique a, elle, pâti du séisme et du tsunami qui ont frappé le Japon en mars : sa croissance de 6 % est deux fois inférieure à celle de 2010.
Enfin, la zone Amériques voit aussi son rythme ralentir, avec seulement 4 % de touristes en plus, deux fois moins qu’en 2010.
Signe d’une année 2011 atypique, « contrairement aux années précédentes, la croissance a été plus forte dans les économies avancées (+5 %) que dans les économies émergentes (+3,8 %) », insiste l’OMT.
Prudence pour 2012
Pour 2012, l’organisation se veut prudente : « La croissance (du tourisme) devrait se poursuivre, quoique à un rythme un peu plus lent », avec un rythme attendu entre 3 à 4 %.
En cause, le ralentissement économique général, redouté notamment par l’Organisation de coopération et du développement économiques (OCDE), qui prévoit une croissance mondiale de 3,4 % contre 3,8 % en 2011.
Le FMI, qui tablait sur 4 %, a indiqué qu’il allait bientôt revoir ce chiffre à la baisse, sa directrice Christine Lagarde prévenant que « 2012 ne sera pas un long fleuve tranquille ».
Seule bonne nouvelle, même si elle n’est que symbolique : si les prévisions de l’OMT se confirment, « les arrivées de touristes internationaux ont toutes les chances de franchir le cap du milliard dans le courant de l’année », assure l’organisme.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine