Sont-ils, à ce point, sourds pour ne pas entendre? Ont-ils été frappés d’amnésie pour ne plus se souvenir des calamités qui nous accablent ... et qui les disqualifient ? Ont-ils tout simplement vendu leur âme au démon de la politique et n’écoutent-ils plus les plaintes et complaintes des citoyens qu’à travers le prisme de leurs intérêts partisans ?
Incommensurables, innombrables sont les griefs; très bien connus et très bien répertoriés sont les sujets qui fâchent, qui exigent des explications. Et lorsque les esprits s’échauffent, lorsque le ton monte, un ange passe inévitablement... les oreilles se cloisonnent aussitôt, les dossiers urgents sont vite escamotés. La parade, bien sûr, est toute trouvée : « Ce n’est pas moi, c’est lui ! » Tels des enfants pris en faute, les responsables d’aujourd’hui se défaussent alors sur les responsables d’hier, les catastrophes d’aujourd’hui sont automatiquement mises sur le compte de l’incompétence, de l’irresponsabilité des dirigeants précédents.
Et vogue la galère et vivement les grandes eaux pour s’en laver les mains... Judas ou Ponce Pilate, c’est kif- kif, nos gouvernants ne s’embarrassent pas d’états d’âme !
Insulté le citoyen, humilié dans sa vie quotidienne, privé de son droit élémentaire à une vie décente? Qu’importe ! La pérennité du gouvernement, prisonnier de ses propres contradictions, incapable de prendre la moindre décision sans risquer l’implosion reste prioritaire, le Liban d’en bas dut-il payer le prix d’une telle aberration.
Privé d’électricité 16 à 18 heures par jour, victime d’une injustice flagrante dans la répartition du courant, les régions les plus défavorisées étant les plus sanctionnées, le citoyen se voit assigné le rôle de proie consentante, invité à écouter un ministre proclamer, le sourire aux lèvres : « Estimez-vous heureux ! Au rythme où vont les choses c’est à zéro heure d’alimentation en électricité que vous aurez droit bientôt. » Vous avez dit responsable !
Le ministre de l’Énergie se délivre entre-temps un satisfecit télévisé pour avoir pris les mesures techniques nécessaires arrêtant et pénalisant les vols et atteintes au réseau de l’EDL. Notre jeune ministre semble oublier que ce réseau ne délivre le courant qu’au compte-gouttes et que le citoyen, doublement pénalisé, paye l’essentiel de sa facture à la « compagnie nationale des moteurs », une appellation qui s’impose parce que légitimée par un ministère qui s’est désisté de ses obligations naturelles.
Humilié le citoyen ? Il l’est, évidemment, à chaque minute de sa vie, dans chaque acte qu’il accomplit : dans l’achat de produits de première nécessité qu’il paye double alors qu’il n’a pas encore eu l’augmentation salariale promise, dans ses appels sur téléphonie mobile toujours interrompus, facturés à chaque essai avorté, dans le versement obligé de pots-de-vin à chaque formalité réalisée dans une administration gangrenée par la corruption, dans ses déplacements sur des routes cabossées transformées en pièges mortels...
Humilié le citoyen ? Comment ne le serait-il pas alors que des partis et des courants politiques applaudissent aux forfaits de tyrans qui massacrent leur propre peuple après avoir longtemps crucifié le Liban, quand les dirigeants de ces partis et courants accordent leur caution à une milice armée qui prend l’État en otage. Comment le citoyen ne serait-il pas humilié quand la galerie, longuement conditionnée, bat frénétiquement des mains, acclame ceux-là mêmes qui hypothèquent son avenir...
Redisons-le encore une fois, martelons-le sans discontinuer : hors de l’État de droit, point d’espoir. Hors d’institutions gérées par des hommes compétents, non asservis à des agendas partisans, point de services essentiels assurés au citoyen. Hors du ralliement du Hezbollah à la légalité, avec armes et bagages, point de dignité retrouvée, point de paix civile garantie dans le contexte actuel d’exacerbation des tensions sunnito-chiites.
Mais où sont donc passés les indignés de 2005, que sont devenus les dizaines de milliers de jeunes qui, un matin de printemps précoce, avaient tenu le haut du pavé au centre-ville criant à tue-tête : « Plus jamais d’humiliation » ? ...


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Monsieur Gedeon, Si ceux qui nous gouvernent ne comprennent pas la question, je plains les quatre million et demi de Libanais et je leur conseille a tous d'emigrer au plus tot ou de se revolter. Nous ne pouvons pas accepter de vivre de la sorte. Aujourd'hui c'est un immeuble qui s'ecroule, demain c'est la Nation tout entiere qui s'efondrera par manque de fondations solides. Et pourtant, la solution du probleme est a portee de main. Il suffirait a nos dirigeants de consacrer six mois a etudier les sujets que j'ai mentionnes precedemment et de construire un plan pour les cinq prochaines annees qui les aiderait a prendre a tous moments les bonnes decisions. Ce Plan leur servirait aussi a effectuer le suivi de la gouvernance et de s'assurer que rien n'a ete oublie. C'est si simple, mais comme l'oeuf de Christophe Colomb, personne n'y a songe.
11 h 36, le 17 janvier 2012