Hommes, femmes et enfants, souvent enroulés dans le drapeau national, ont arpenté l’emblématique avenue Bourguiba, samedi à Tunis, dans une ambiance festive pour marquer le premier anniversaire de la chute de Ben Ali. Anis Mili/Reuters
Dès le matin, hommes, femmes et enfants, souvent enroulés dans le drapeau national, avaient commencé à converger sur la grande artère de la capitale tunisienne pour célébrer « la révolution de la dignité ». « Bon débarras Ben Ali » chantaient des manifestants avant de reprendre, en chœur, le célèbre « Dégage » qui a marqué la révolution tunisienne. Un manifestant portant un masque de Ben Ali, enchaîné et habillé d’un costume traditionnel saoudien (l’ancien président est réfugié en Arabie saoudite), accompagné d’une marionnette représentant Leïla, l’épouse honnie, arpentait l’avenue. Toute la journée, les manifestants ont chanté, scandé des slogans, ou se sont tout simplement promenés sur l’avenue, dans un sens puis dans l’autre. Des barrières interdisaient un large périmètre devant le ministère de l’Intérieur, symbole de l’ancien régime devant lequel avait commencé la dernière manifestation avant la fuite de Ben Ali, il y a tout juste un an.
Enfants enroulés dans le drapeau tunisien, chants, sourires, l’ambiance était festive, mais également revendicative. « Travail, liberté et dignité », « Le travail est un droit », « Tunisiens restez debout », « Nous allons continuer la bataille », scandaient des manifestants. D’autres réclamaient la reconnaissance pour les « martyrs » abattus lors du soulèvement de décembre 2010-janvier 2011, qui a fait selon l’ONU quelque 300 morts et 700 blessés. Un groupe de jeunes agitant le drapeau noir des salafistes parcouraient également l’avenue, aux cris de « Tunisie islamique ! »
L’émir qatari, Hamad ben Khalifa al-Thani, était l’invité de marque des autorités tunisiennes, en compagnie d’autres leaders arabes dont le président algérien Abdelaziz Bouteflika, et le chef du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeljalil. Ces derniers ont participé, dans une atmosphère beaucoup plus compassée, à la cérémonie officielle au Palais des Congrès de Tunis, à quelques centaines de mètres de l’avenue Bourguiba. À l’ouverture de cette cérémonie, le président tunisien Moncef Marzouki a assuré que son pays poursuivrait « sa marche vers la liberté » et a estimé que le 14 janvier marquait « la fin d’une période sombre, d’un régime autoritaire et corrompu ».
(Source : AFP)


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