Les recherches sont rendues difficiles par l’inclinaison du bateau qui risque de couler totalement. Photo Filippo Monteforte
Par ailleurs, les premiers éléments de l’enquête et de nombreux témoignages accablent le commandant, incarcéré samedi pour homicide multiple et abandon de navire. « La route suivie par le navire n’était pas la bonne », a ainsi indiqué le procureur de Grosseto, Francesco Verusio, en charge de l’enquête. Le commandant « s’est approché de manière très maladroite de l’île du Giglio, a heurté un rocher qui s’est encastré dans le flanc gauche, faisant s’incliner (le navire) et embarquer énormément d’eau en l’espace de deux, trois minutes », a-t-il ajouté. D’après les premiers éléments tirés de la boîte noire, le navire était à « seulement 150 mètres du rivage, une distance incroyablement proche », a encore dit le procureur. Le magistrat a également mis en cause la gestion de l’accident par l’équipage. Selon lui, l’alerte a été lancée une heure après l’impact. « C’est une grosse erreur humaine qui a eu des conséquences dramatiques », a dénoncé quant à lui le ministre de la Défense, l’amiral Giampaolo Di Paola.
Selon certains, le navire effectuait une sorte de parade surnommée l’« inchino » (la révérence), toutes lumières allumées et à grands renforts de sirènes pour saluer les 800 habitants de Giglio, ce que tente de confirmer la justice.
Élément encore aggravant, les gardes-côtes ont demandé à plusieurs reprises – et en vain – au commandant de remonter à bord du navire pendant les opérations de secours. Le commandant « était déjà, un peu après minuit, sur les rives de Giglio » alors que les derniers passagers ont été évacués vers 05h00 GMT, selon les pompiers.
Au moment du naufrage vendredi soir vers 20h30 GMT, le navire transportait quelque 4 229 personnes dont plus de 3 200 touristes de 60 nationalités différentes et un millier de membres d’équipage. De nombreux témoins ont décrit des « scènes d’apocalypse » et de « panique » avec des bousculades entre touristes cherchant à monter sur les chaloupes, au milieu des cris et des pleurs. Dans la panique, des dizaines de passagers se sont jetés à l’eau, et ont heurté des rochers, ce qui explique pourquoi sur la quarantaine de blessés, beaucoup ont des bras ou jambes cassées. Les plus de 4 000 rescapés ont été transférés samedi de Giglio vers le port de Santo Stefano puis rapatriés pour la plupart vers leurs villes d’origine en Italie et à l’étranger.
(Source : AFP)


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