Y a qu’à voir certains perdre la boussole dès que les services de météorologie annoncent la moindre dépression. Se pressant aux portes des supermarchés, ils font des provisions pour des mois, privent leurs enfants d’école, par pure précaution disent-ils, et se calfeutrent à la maison, bien au chaud... En attendant que passe le grain tant redouté. Car pour eux, tout est synonyme de tempête, la pluie, le vent, l’orage, le froid, la neige.
Il faut dire que les médias ne se privent pas d’alimenter les appréhensions d’une population frileuse, bien plus à l’aise lorsque le soleil brille et que le thermomètre dépasse les 20 degrés. Ils gonflent alors démesurément les prévisions, ces médias, reportages à l’appui, peu soucieux des répercussions sur le public de la dramatisation des cas de figure. Faisant fi des recommandations répétées des experts, qui déplorent ces exagérations inutiles, tout en conseillant la prudence. Ignorant les témoignages des vieux montagnards avisés, amusés de ces ridicules appels au loup.
La saison d’hiver est bien là, avec ses pluies, ses vents, ses orages, son froid, ses neiges, ses tempêtes évidemment, ses aléas aussi, bien entendu. Une saison qui procure, certes, quelques désagréments, vu l’état déplorable des routes et la crise économique qui prive une partie de la population de chauffage. Mais qui n’en demeure pas moins d’une grande beauté... et surtout d’une grande nécessité pour son précieux apport en eau.
Difficile à imaginer le Liban sans ses cimes enneigées qui font pâlir d’envie ses voisins et le bonheur des amateurs de glisse. Autant alors en profiter au maximum. La saison est si courte. Après tout, le célèbre dicton ne dit-il pas « Variété fait beauté » ?

