Mario Monti a appelé une nouvelle fois l’Europe à ne pas se borner à l’austérité et à investir « davantage d’énergie » pour la croissance. Remo Casilli/Reuters
Le succès de ces émissions – dû notamment, selon les analystes, à la liquidité injectée en décembre par la Banque centrale européenne (BCE) grâce à son prêt de 489 milliards d’euros aux banques – a entraîné une forte détente des taux obligataires et permis à l’euro de regagner du terrain.
En Grèce, les négociations avec les banques portant sur l’effacement de 100 milliards d’euros de dettes sur environ 350 se sont en revanche poursuivies dans un climat fébrile, les banques marquant leur impatience. « Le temps commence à être compté », a déclaré l’Institut de la finance internationale (IIF), le lobby bancaire mondial, dont le patron Charles Dallara a rencontré le Premier ministre grec et le ministre des Finances pour tenter de boucler les tractations et éviter ainsi un défaut de paiement du pays en mars. L’espoir d’Athènes est de boucler un accord la semaine prochaine. Le versement des prochaines aides, dont la Grèce a besoin pour éviter la faillite, dépend notamment de l’issue de ces négociations. Le ministre adjoint aux Finances Philippos Sahinidis a jeté un froid en indiquant qu’un « soutien plus important » de la zone euro pourrait être « nécessaire » si la participation des créanciers privés était insuffisante. Selon une source proche des négociations, la participation des créanciers privés reste actuellement inférieure à 70 %. Citant une source gouvernementale allemande, le Handelsblatt a indiqué hier que la directrice générale du Fonds monétaire International, Christine Lagarde, avait estimé mardi, lors d’une visite à Berlin, qu’il faudrait augmenter l’aide à Athènes de plusieurs « dizaines de milliards » d’euros.
Si le succès des émissions de dette italienne et espagnole est un signe de l’atténuation de la pression des marchés, les analystes restaient toutefois aussi sur leurs gardes. Un autre test aura lieu aujourd’hui pour l’Italie avec une émission à moyen et long terme, jugée plus révélatrice. « Ne nous emballons pas », a prévenu Ranvir Singh, PDG de la société d’analystes RANsquawk, « la zone euro reste dans une position difficile ». Il n’empêche que l’émission d’hier est une bonne nouvelle pour le chef du gouvernement italien Mario Monti, qui espérait que la « bonne conduite politique » du pays, qui a adopté en décembre un nouveau plan de rigueur, puisse lui permettre de bénéficier de taux « raisonnables ». M. Monti, qui a appelé une nouvelle fois l’Europe à ne pas se borner à l’austérité et à investir « davantage d’énergie » pour la croissance, est aussi conscient que ses efforts ne seront pas suffisants pour rassurer les marchés et plaide pour un renforcement du Fonds de secours de la zone euro.
Il a trouvé hier un allié en la personne du président de la Commission européenne José Manuel Barroso qui a appelé à en « faire davantage en termes de pare-feu » pour la zone euro, en dépit de l’opposition de Berlin.
(Source : AFP)


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