À Lagos, des centaines de personnes se sont rassemblées hier pour protester contre l’arrêt des subventions. Pius Utomi Ekpei/AFP
La responsable de l’ONU pour les Droits de l’homme a appelé les responsables religieux au Nigeria, « spécialement les responsables musulmans et chrétiens, à joindre leurs forces pour condamner de façon sans équivoque toute violence, y compris les représailles ». Elle leur demande aussi d’« encourager leurs disciples à identifier et aider à arrêter tous ceux impliqués dans les tueries et autres actes de violences qui ont eu lieu ».
Rappelons que depuis les sanglants attentats du jour de Noël qui avaient fait au moins 49 morts, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 morts, dont la plupart ont été revendiquées par Boko Haram. Les dernières attaques de ce groupe ont tué des chrétiens et des violences visant des musulmans dans le sud du pays ont fait craindre l’extension du conflit, certains évoquant même les risques d’une guerre civile.
Le Nigeria est également en proie à une grève et des manifestations qui ont paralysé le premier producteur africain de pétrole et mis le gouvernement sous une pression croissante. Les syndicats du pétrole ont ainsi menacé hier d’arrêter la production à partir de dimanche, en soutien à la grève.
Les représentants des syndicats ont cependant obtenu de rencontrer le président Goodluck Jonathan et plusieurs responsables gouvernementaux, première amorce de dialogue depuis le début du mouvement. La réunion a débuté en fin d’après-midi, en présence des dirigeants des deux principales centrales du Nigeria, les NLC et TUC, les deux confédérations qui encadrent la grève générale menée en protestation contre la fin des subventions sur les hydrocarbures.
Rappelons qu’imposée le 1er janvier par surprise par le gouvernement, la suppression des subventions sur les carburants a eu pour conséquence le doublement des prix de l’essence, pénalisant les plus pauvres pour les transports et l’électricité. La grève générale a mis des centaines de milliers de manifestants dans les rues – comme hier à Kano – et fait plusieurs morts depuis lundi. Lors des rassemblements à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, des incidents se sont produits avec des jeunes mettant le feu à des pneus et vandalisant les alentours.
La menace des syndicats du pétrole de se joindre au mouvement marque une escalade du conflit à un secteur-clé de l’économie nationale et, selon les analyses, représenterait une arme de dernier recours, ceci d’autant que l’arrêt et le redémarrage de ce secteur prennent longtemps.
(Source : AFP)


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La crise sera internationnalisée si les travailleurs du pétrol entrent en grève. En effet, sils arrêtent le travail un jour, cela équivaudrait à 4 semaines de retard en cas de reprise, et le pétrol nigérian constitue 10% des importations us, ce qui est énorme , cad 1 million de barils/jour.En plus d'un fameux embargo sur le pétrol iranien, ça risque de coûter cher aux économies occidentales et mondiales.
13 h 57, le 13 janvier 2012