Lino Ventura administrant une gifle à Isabelle Adjiani. (DR)
Oui, les acteurs doivent avoir la joue bien imperméable à ce vent qui claque sur leurs peaux douces et supporter les différentes prises d’une scène.
Les gifles sont courantes dans un film, mais elles ne sont pas toujours données par le sexe mâle. Ni par l’homme à un autre homme. Elles peuvent être mixtes, mais aussi données par une femme à une autre femme. Car le sexe dit faible aime à s’essayer à ce petit exercice sonore. Et si dans le temps la gifle était simulée, actuellement elle est plus vraie que nature et son claquement est parfois accentué par un bruitage.
« Bottoms Up Productions » a compilé des extraits de gifles des années 40 jusqu’à nos jours. Un bijou de petit clip intitulé Glove Actually qui dure plus de sept minutes et où ça claque et siffle de partout.
De Joan Crawford à MacCauley Culkin, on peut voir Sean Connery baffer Harrisson Ford (tout en l’appelant Indy), Sally, alias Meg Ryan, donner une paire de claques à Harry ou Billy Crystal, Pierce Brosnan en James Bond se faire souffleter par la belle Sophie Marceau, ou encore Annette Benning se donnant des gifles à elle-même, ou même la Pretty Woman (Julia Roberts) se faire renverser sur le canapé par Jason Alexander. Dans un registre plus violent, les claques meurtrières des Viets à Christopher Walken et agressives dans Birds de Hitchcock ou There Will Be Blood et, dans un volet plus drôle, Jennifer Lopez giflant sa belle-mère de Jane Fonda, les différentes claques des Three Stooges de Woody Allen ou de Bill Murray. Même les dessins animés ont leur part de claques. De Lion King à Toy Story, un geste qui n’a pas d’âge et dont l’écho se répercute à travers le temps.
« Une bonne paire de claques dans la gueule... ça vous donne une deuxième jeunesse » chantait Boris Vian. Gifle, claque ou autres soufflets sont souvent présents sur grand écran car ce sont des moyens très visuels pour témoigner de la colère, de la désapprobation et même parfois de l’amour non avoué. Claude Pinoteau en a fait même le titre d’un film, La gifle. Quant à Jean Gabin, il en a administré dix-huit à Jeanne Moreau dans Touchez pas au Grisbi. C’est elle qui l’avouera quelques années plus tard à Michèle Morgan lors de la cérémonie des césars : « Moi, dira-t-elle, il ne m’a pas embrassée (parlant du grand Gabin ) mais giflée. À dix-huit reprises », ajoutera-t-elle. Oui, les acteurs doivent avoir la joue bien imperméable à ce vent qui claque sur leurs peaux douces et supporter les...


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