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À La Une - Révolte

La Ligue arabe ne rappellera pas ses observateurs en Syrie

Le Soudan, la Jordanie, l’Egypte et l’Algérie craignent qu'un échec de la mission n'entraîne une intervention occidentale.

Des observateurs arabes dans la ville de Mseirfeh, dans la province de Deraa, dans le sud de la Syrie. YouTube/

En dépit des critiques émanant de ses propres rangs sur le travail de ses observateurs en Syrie, la Ligue arabe n'écourtera pas leur mission, a assuré jeudi le représentant d'un Etat membre de l'organisation.

Le cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, chef du gouvernement qatari et président du groupe de travail de la Ligue sur la Syrie, avait auparavant déploré les "erreurs" commises selon lui par les observateurs, ajoutant que l'organisation devait envisager l'interruption de leur mission. Il n'a pas précisé la nature de ces "erreurs". Après une rencontre avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon à New York, il a déclaré qu'il souhaitait une aide technique des Nations unies.

Lors de cet entretien, les deux hommes ont évoqué "les mesures pratiques par lesquelles les Nations unies pourraient fournir une assistance à cette mission d'observation", a déclaré un porte-parole de l'Onu, Martin Nesirky, en citant notamment la possibilité de former les observateurs arabes via le Haut Commissariat aux droits de l'homme. "Il s'agirait d'un engagement d'ampleur limitée pour former les observateurs", a-t-il dit.

 

Le comité de la Ligue chargé de la Syrie doit se réunir dimanche au Caire pour examiner les premières conclusions des observateurs, qui sont chargés de veiller à la mise en oeuvre du plan de paix accepté en novembre par Damas.

"Il est impossible que la Ligue arabe rappelle ses observateurs, quel que soit le contenu de (leurs) rapports", a déclaré le représentant d'un Etat membre ayant requis l'anonymat.

 

Le comité de la Ligue arabe chargé de la Syrie réunit les ministres des Affaires étrangères égyptien, soudanais, qatari, omanais et algérien, mais d'autres Etats membres pourraient assister dimanche à la réunion du Caire et réclamer la convocation le jour-même d'une séance plénière extraordinaire.

Soudan, Jordanie, Egypte et Algérie, qui craignent qu'un échec n'entraîne une intervention occidentale, ne sont pas favorables à la fin prématurée de la mission, dit-on de source proche de l'organisation.

"Ils ont peur que cela créé un précédent qui pourrait se répéter dans leur pays", a-t-on souligné.

Selon le représentant d'un autre Etat membre, le comité pourrait envisager des mesures d'aide en faveur des observateurs, telles que la mise à disposition de véhicules qui réduiraient leur dépendance à l'égard de Damas.

Le remplacement du chef de la mission, le général soudanais Moustafa al Dabi, mis en cause pour des crimes de guerre commis au Darfour dans les années 1990, n'est pas à l'ordre du jour, a-t-il ajouté.

 

La poursuite de la répression des manifestations contre le régime de Bachar al-Assad, qui a fait plus de 5.000 morts selon l'Onu depuis la mi-mars, a amené la Ligue à suspendre la Syrie de ses instances.

Le plan adopté en novembre prévoit le repli des forces militaires présentes dans les villes, la libération des opposants arrêtés et des négociations avec leurs représentants.

 

La télévision publique a annoncé jeudi la remise en liberté de 552 personnes interpellées depuis le début du soulèvement; 755 autres détenus avaient déjà été relâchés la semaine dernière. Ce que contestent les mouvements de droits de l'homme.

 

La répression n'a toutefois connu aucun répit, selon l'opposition, qui juge la mission des observateurs vouée à l'échec, notamment du fait de leur dépendance vis-à-vis de Damas pour les transports et la logistique.

Nabil el-Arabi, secrétaire général de la Ligue, a assuré lundi que l'armée avait quitté les centres urbains, mais l'information a été démentie jeudi par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, dont le siège se trouve à Londres, mais qui entretient des contacts sur place. "Nous n'observons pas de libération de prisonniers ou de véritable retrait de la présence militaire dans les rues", a déclaré Rami Abdelrahman, président de l'Observatoire. "Les chars de l'armée ont été remplacés par des véhicules blindés qui ont toujours la possibilité de tirer", a-t-il ajouté.

 

 

En dépit des critiques émanant de ses propres rangs sur le travail de ses observateurs en Syrie, la Ligue arabe n'écourtera pas leur mission, a assuré jeudi le représentant d'un Etat membre de l'organisation.
Le cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, chef du gouvernement qatari et président du groupe de travail de la Ligue sur la Syrie, avait auparavant déploré les "erreurs" commises selon lui par les observateurs, ajoutant que l'organisation devait envisager l'interruption de leur mission. Il n'a pas précisé la nature de ces "erreurs". Après une rencontre avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon à New York, il a déclaré qu'il souhaitait une aide technique des Nations unies.
Lors de cet entretien, les deux hommes ont évoqué "les mesures pratiques par lesquelles les Nations unies pourraient fournir une assistance à...
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