Le multimillionnaire Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, l’a emporté mardi de huit voix lors des « caucus » (assemblées d’électeurs) de cet État rural et conservateur, qui ouvre traditionnellement la saison électorale. Il est talonné par le chrétien conservateur Rick Santorum, ancien sénateur de Pennsylvanie, qui a fait une percée tardive dans les sondages. Avec 25 % des voix chacun, tous deux rêvent de battre le démocrate Barack Obama, candidat à sa réélection le 6 novembre et qui a toutes les chances de profiter des divisions de ses adversaires. Ron Paul, le plus atypique des candidats républicains, est arrivé troisième avec 21 % des voix, suivi de Newt Gingrich (13 %), Rick Perry (10 %) et Michele Bachmann (5 %). Échaudée par son mauvais score, cette dernière, égérie du mouvement anti-impôts du « tea party », a annoncé qu’elle mettait fin à sa campagne. Rick Perry, le gouverneur du Texas qui avait annoncé dès mardi soir qu’il réexaminait sa candidature, a finalement fait savoir qu’il restait dans le jeu.
Dès hier, la course s’est transportée dans le New Hampshire, où des primaires ont lieu le 10 janvier. Depuis des mois, cet État semble acquis à Mitt Romney, 64 ans, conservateur cérébral et peu charismatique, déjà candidat à l’investiture républicaine en 2008. Il y caracole dans les sondages au-dessus des 40 % des intentions de vote, loin devant ses adversaires. Mais selon un sondage de la Suffolk University, un tiers des électeurs potentiels du New Hampshire n’ont pas arrêté leur décision. Dès hier également, M. Romney avait prévu de sillonner en autocar le sud de l’État, dans l’espoir de se tailler rapidement une stature de favori indéboulonnable.
« L’Iowa rappelle que si Romney gagne, c’est parce qu’il sera le dernier à rester debout et non parce qu’il a un fort soutien républicain », estime Matt Dickinson, expert politique du Middlebury College (Vermont). « Il y a comme un plafond de verre pour Romney. Il a dépensé de l’argent et du temps à courtiser les conservateurs, mais il semble qu’il n’arrive pas à le crever », renchérit Bob Oldendick, de l’université de Caroline du Sud. Les résultats de l’Iowa ont galvanisé les soutiens de Rick Santorum, 53 ans, qui affirment avoir depuis reçu de nombreux appels de « bénévoles » prêts à aider sa campagne. Sur le long terme cependant, la plupart des experts continuent à penser que Mitt Romney reste le candidat incontournable, à défaut d’être celui dont rêve la base républicaine. « Le Parti républicain commence à se rassembler autour de Mitt Romney », estime l’ancien journaliste politique David Yepsen. Hier, le sénateur John McCain, ancien candidat à la présidence, lui a apporté son soutien.
Côté démocrate, le stratège en chef de la campagne de M. Obama, David Axelrod, a estimé que le résultat de M. Romney montrait qu’il n’avait pas réussi à convaincre la majorité des républicains, malgré un « bombardement » de publicités négatives contre ses adversaires. « Je ne pense pas que le gouverneur Romney ait résolu son problème hier (mardi). S’il avait gagné avec une grande marge dans l’Iowa et amélioré son score d’il y a quatre ans (...) il aurait pu faire valoir qu’il a rassemblé son parti et qu’il est à même » de décrocher l’investiture, a observé M. Axelrod. « Il est très possible que cette course (à la nomination républicaine) se poursuive longtemps », a poursuivi le stratège, en ironisant sur M. Romney, « l’homme aux 25 % » d’électeurs. Et, sur le même ton ironique, le directeur de campagne de M. Obama, Jim Messina, a déclaré : « Le programme extrémiste du tea party a remporté une nette victoire. » « En regardant tout ce cirque à la télévision, nous sommes tentés de penser que tout cela est presque risible. Mais ce n’est pas une plaisanterie. Nous devons être prêts », a-t-il ajouté.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine