Les délégués palestinien Saëb Erakat et israélien Yitzhak Molcho ont tenu une réunion plénière avec les représentants du quartette. Photo AFP
« Toutes les parties ont exprimé leur engagement dans une solution à deux États », a indiqué le ministre des Affaires étrangères jordanien Nasser Jawdeh, qualifiant de « positives » les trois heures et demie de rencontre. « La partie palestinienne a présenté un document qui représente sa vision sur les frontières et la sécurité. La partie israélienne l’a reçu, promettant de l’étudier au cours des prochaines semaines », a précisé M. Jawdeh à la presse, ajoutant que « nous avons décidé que les rencontres se poursuivraient en Jordanie et que l’annonce des réunions » serait faite par Amman.
Notons que les délégués palestinien Saëb Erakat et israélien Yitzhak Molcho ont tenu une réunion plénière avec les représentants du quartette (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU), avant de se réunir bilatéralement en présence du ministre jordanien. La Jordanie, signataire d’un traité de paix avec Israël en 1994, a tenu à ce que cette réunion ait lieu à Amman, loin de la clandestinité qu’elle adopte généralement lors de rencontres avec les Israéliens. Les deux parties ont néanmoins campé sur leurs positions, soulignant qu’il ne s’agit pas de la reprise des négociations de paix directes suspendues depuis près de 16 mois.
« L’exigence palestinienne est connue : que les Israéliens acceptent des références précises pour le processus de paix et arrêtent la colonisation, auquel cas nous sommes prêts à reprendre les négociations », a de nouveau déclaré hier le président palestinien Mahmoud Abbas, ajoutant que cette réunion a pour but de « faire avancer le processus de paix et rapprocher les points de vue », et espérant « des résultats aujourd’hui ou dans les deux prochains jours pour préparer un terrain favorable à la reprise des négociations ». « Il s’agit d’un développement positif. C’est la première fois depuis longtemps que les Palestiniens sont disposés à venir parler avec nous directement sans conditions préalables », s’est félicité pour sa part le vice-Premier ministre israélien Dan Meridor. Il a également prévenu que cette rencontre exploratoire ne constituait pas un retour à la table des négociations, précisant qu’Israël, qui refuse jusqu’à présent le gel de la colonisation et les bases de discussions réclamées par les Palestiniens, ne dévoilerait ses positions que dans le cadre de discussions directes.
Rappelons que le quartette a fixé aux deux parties l’échéance du 26 janvier pour présenter leurs propositions détaillées en vue d’un règlement de paix.
À l’issue de la réunion, les États-Unis ont salué « cette évolution positive ». « Nous applaudissons les efforts du roi Abdallah de Jordanie », a déclaré Jay Carney, le porte-parole du président Barack Obama, soulignant que ce dernier « fait tout son possible pour faire revenir » les protagonistes à la table des négociations. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est quant à lui réjoui de la réunion et a encouragé les délégués à aller plus loin « pour établir une dynamique vers une paix durable ». La France, de son côté, « soutient les efforts de la Jordanie », a indiqué le ministère des Affaires étrangères, rapportant un entretien téléphonique entre Alain Juppé et son homologue jordanien.
Toutefois, la réunion, dénoncée par les Frères musulmans, principale force d’opposition en Jordanie, a aussi été critiquée par plusieurs mouvements palestiniens. Le Hamas a ainsi demandé à la direction palestinienne de boycotter la rencontre avec l’émissaire israélien, et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche nationaliste) a qualifié l’initiative d’ « erreur fatale ».
Parallèlement, le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a été reçu à Ankara par une ovation debout des élus du Parti de la justice et du développement (AKP) lorsqu’il a fait irruption dans la salle réservée au parti gouvernemental alors que le Premier ministre et chef de cette formation, Recep Tayyip Erdogan, prononçait un discours où il s’est notamment félicité de la réconciliation interpalestinienne. M. Haniyeh s’est aussi entretenu avec les chefs des partis d’opposition à l’Assemblée nationale turque. Selon un de ses adjoints, il se rendra à Tunis jeudi.
M. Haniyeh, qui effectue son premier voyage à l’étranger depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en 2007, a rendu hommage lundi à Istanbul devant le navire turc Mavi Marmara aux neuf Turcs tués au cours d’un raid israélien contre une flottille d’aide humanitaire à destination de Gaza en mai 2010.
(Source : AFP)


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