Le sultan de Sokoto Mohammad Saad Abubakar s’adressant à la presse. Photo Wole Emmanuel/AFP
« Je veux assurer à tous les Nigérians qu’il n’y a aucun conflit entre les musulmans et les chrétiens, entre l’islam et la chrétienté », a déclaré devant les journalistes le sultan de Sokoto (Nord), Mohammad Saad Abubakar, après un entretien de 90 minutes avec M. Jonathan. « C’est un conflit entre des gens diaboliques et des gens bien. Les (gens) bien sont plus nombreux que les diaboliques et donc ils doivent unir leurs forces pour les mettre en déroute, c’est ça le message », a poursuivi M. Abubakar, qui dirige le Conseil suprême pour les affaires islamiques du Nigeria.
Le président Jonathan ne s’est pas exprimé après la rencontre mais son conseiller pour la sécurité, Owoye Azazi, a appelé les chrétiens à ne pas se venger après la série d’attentats, dont le plus meurtrier a visé une église chrétienne de Madalla, près de la capitale Abuja, faisant 35 morts dimanche. « Nous sommes tous Nigérians. Il n’y a pas de conflit entre les communautés chrétienne et musulmane. La vengeance n’est pas la réponse, car si vous vous vengez, jusqu’où iront les violences ? Le Nigeria doit survivre en tant que nation », a insisté M. Azazi.
Le Conseil suprême pour les affaires islamiques du Nigeria a fermement condamné ces attentats. « Les agences de sécurité doivent arrêter les auteurs de ces actes lâches pour qu’ils affrontent les foudres de la loi, quelle que soit leur position, afin que cela dissuade les autres », souligne un communiqué publié hier. Saidu Dogo, responsable de l’Association chrétienne du Nigeria pour les 19 États du Nord a affirmé quant à lui « qu’aucun pays n’a survécu à une guerre religieuse ; aussi, le gouvernement doit faire quelque chose ». Les chrétiens, a-t-il affirmé, sont inquiets, la sécurité a été renforcée autour des églises mais ils ne vont pas répliquer. Des groupes ont été formés pour surveiller tout trouble potentiel mais, selon lui, ils ne seront pas armés et signaleront tout comportement suspect à la police.
Sur le plan international, le président sud-africain Jacob Zuma a lui aussi condamné ces attentats et rappelé son engagement à lutter contre le terrorisme dans le cadre de l’Union africaine, ont indiqué ses services lundi soir. La présidence rappelle que M. Zuma s’était récemment rendu au Nigeria et avait déclaré : « L’Afrique du Sud travaillera avec le Nigeria, dans le cadre de l’Union africaine, pour débarrasser le continent du terrorisme et des maux qui lui sont associés. » Le chef de l’État sud-africain a transmis ses condoléances à son homologue et aux familles des victimes. Quant au président français Nicolas Sarkozy, il a écrit hier à son homologue nigérian pour lui exprimer « toute l’amitié et la solidarité de la France » après les attentats de Noël.
Signalons qu’une porte-parole du général américain Carter Ham, responsable du commandement militaire US pour l’Afrique, avait fait état d’une inquiétude permanente à propos des capacités opérationnelles croissantes du groupe appelé Boko Haram et de ses intentions annoncées de collaborer plus étroitement avec d’autres organisations terroristes.
Les attentats de Noël au Nigeria, derniers en date d’une longue série, marquent d’ailleurs les difficultés des autorités à endiguer l’extrémisme islamiste et risquent d’exacerber un peu plus les violences dans un pays déjà profondément divisé. En effet, important producteur de pétrole, le pays est divisé pour moitié entre un Nord pauvre à majorité musulmane et une domination chrétienne au Sud où se trouvent les hydrocarbures.
(Source : AFP)


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