Dissensions

Les divergences politiques s’aiguisent entre chiites et sunnites irakiens

Une réunion d’urgence pour réduire la tension entre les deux blocs gouvernementaux a été annulée hier.

La profonde méfiance entre les blocs chiites et sunnites en Irak a empêché hier la tenue d’une réunion d’urgence des dirigeants politiques, au lendemain d’une série d’attentats meurtriers.
Le président du Parlement, Ossama el-Noujaifi, avait annoncé cette réunion pour tenter de sortir le pays d’une crise qui paralyse les institutions et menace le fragile équilibre entre chiites, majoritaires dans le pays, et sunnites, un an après la formation d’un gouvernement d’unité nationale.
Rappelons que ces cinq derniers jours, un mandat d’arrêt a été lancé à l’encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, et le chef du gouvernement chiite, Nouri al-Maliki, a réclamé le limogeage du vice-Premier ministre sunnite. De même, Iraqiya, deuxième groupe parlementaire avec 82 députés, avait annoncé lundi que ses neuf ministres allaient boycotter le gouvernement, deux jours après avoir suspendu sa participation aux travaux du Parlement, en dénonçant la « dictature » de M. Maliki. « Hier, l’Alliance nationale (une coalition des partis religieux chiites) avait indiqué que le bloc Iraqiya devrait (d’abord) cesser de boycotter le Parlement et le gouvernement, et qu’ensuite il y aurait une réunion des groupes politiques », a déclaré hier un parlementaire sous le couvert de l’anonymat. « Si l’Alliance nationale ne vient pas à la réunion, il n’y aucune raison pour qu’elle se tienne », a-t-il poursuivi.
Dans une interview à la BBC en arabe, M. Hachémi a de nouveau accusé hier le Premier ministre d’avoir « provoqué une crise, difficile à contrôler ». « L’Irak a le droit d’avoir peur », a dit M. Hachémi, qui est accusé d’avoir financé et soutenu des attentats menés par ses gardes du corps et fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Réfugié au Kurdistan irakien, il a rejeté ces accusations, mais s’est dit prêt à être jugé dans cette région autonome. S’exprimant également dans la revue américaine Foreign Policy, M. Hachémi a accusé M. Maliki d’avoir pris le contrôle des institutions-clés du pays en copiant « beaucoup des comportements de Saddam » Hussein, tout en parvenant à s’assurer le soutien à la fois des États-Unis et de l’Iran. Mercredi, M. Maliki a menacé de remplacer les neuf ministres d’Iraqiya s’ils continuaient de boycotter le gouvernement. Il a également appelé les autorités du Kurdistan irakien à « prendre leurs responsabilités » et à remettre M. Hachémi à la justice.
La crise a provoqué des manifestations dans les villes à majorité sunnite comme Samarra et Ramadi, où des centaines de personnes ont défilé en appelant les autorités à garantir un procès équitable au vice-président. Jeudi, les violences sont venues s’ajouter à cette tourmente politique, avec une vague d’attentats apparemment coordonnés qui a fait au moins 60 morts et des centaines de blessés à Bagdad.
Ces événements interviennent quelques jours après le départ d’Irak des derniers soldats américains. Le général américain Ray Odierno, actuel chef d’état-major et ancien commandant des forces américaines en Irak, était cependant jeudi à Bagdad, où il a rencontré MM. Maliki et Noujaifi.
Et le vice-président américain Joe Biden s’est entretenu au téléphone avec le président irakien, le Kurde Jalal Talabani, pour soutenir les efforts en vue de « résoudre les problèmes par un dialogue sérieux et des manières pacifiques », selon le bureau de M. Talabani.

(Source : AFP)

La profonde méfiance entre les blocs chiites et sunnites en Irak a empêché hier la tenue d’une réunion d’urgence des dirigeants politiques, au lendemain d’une série d’attentats meurtriers.
Le président du Parlement, Ossama el-Noujaifi, avait annoncé cette réunion pour tenter de sortir le pays d’une crise qui paralyse les institutions et menace le fragile équilibre entre...

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