Des résidents de Bagdad inspectent les dégâts causés à leurs biens après une série d’attentats meurtriers hier. Khalil al-Murshidi/AFP
Dans la capitale, « ils n’ont pas visé des institutions ou des postes de sécurité », mais plutôt « des écoles, des travailleurs, l’agence anticorruption », a affirmé le général Qassim Atta, porte-parole de la sécurité de Bagdad, précisant qu’il était encore « trop tôt » pour savoir qui était derrière cette attaque. La plupart des attentats ont touché des quartiers majoritairement chiites. Le Premier ministre a promis que « les criminels et ceux qui sont derrière eux » seraient punis « tôt ou tard », estimant que « le moment et les lieux choisis pour ces crimes prouvent une nouvelle fois à ceux qui en douteraient la nature politique » des attentats.
Il s’agit des premières attaques depuis le début de la crise politique qui fait craindre un retour des violences confessionnelles. Le Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, a menacé de cesser de partager le pouvoir au sein du gouvernement d’union nationale laborieusement mis sur pied il y a un an. Le bloc parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites, a décidé de boycotter l’Assemblée et le gouvernement, et M. Maliki a réclamé le limogeage du vice-Premier ministre sunnite. Deuxième groupe parlementaire, Iraqiya accuse M. Maliki d’accaparer le pouvoir. Ce dernier a donc menacé de remplacer les neuf ministres d’Iraqiya s’ils continuaient leur boycottage. En outre, un mandat d’arrêt a été lancé à l’encontre du vice-président sunnite Tarek Hachémi. Ce dernier est soupçonné d’avoir financé et soutenu des attentats menés par ses gardes du corps. Il a rejeté ces accusations, estimant qu’elles avaient été montées de toutes pièces, et s’est dit prêt à être jugé, à condition que le procès se déroule au Kurdistan. M. Maliki a appelé les autorités du Kurdistan irakien à remettre à la justice M. Hachémi, qui se trouve actuellement à Erbil.
À la suite de ces événements, le président du Parlement, le sunnite Ossama al-Noujaifi, a appelé hier à une réunion d’urgence aujourd’hui des dirigeants des blocs politiques.
Pour sa part, l’ambassade américaine a estimé « particulièrement important pendant cette période critique que les dirigeants politiques de l’Irak résolvent leurs différends pacifiquement ». La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, et le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, ont condamné les attentats et appelé les protagonistes irakiens au dialogue. Joignant sa voix au concert des condamnations, la Syrie a également dénoncé « en des termes les plus vifs » les attentats « terroristes » à Bagdad.
Cette crise intervient quelques jours après que les derniers soldats américains ont quitté le pays, laissant derrière eux un Irak « souverain, stable, autosuffisant, avec un gouvernement représentatif », selon les termes du président américain Barack Obama. Le chef d’état-major américain Ray Odierno a rencontré hier M. Maliki sur des questions de coopération militaire, a indiqué le bureau du Premier ministre, sans donner plus de précisions. D’ailleurs, la Maison-Blanche a condamné la série d’attentats, mais estimé que les forces de sécurité irakiennes étaient capables de faire face à de telles violences. « De telles tentatives d’enrayer les progrès de l’Irak échoueront (...) », a ainsi affirmé le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.
(Source : agences)


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