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Moyen Orient et Monde - Corée Du Nord

Des « merveilles de la nature » ont salué le départ de Kim Jong-il...

Washington est prêt à discuter avec Pyongyang ; Séoul tente de rassurer sa voisine.

Des militaires en uniforme ont défilé hier au mausolée de Pyongyang.  KCNA/Reuters

Le régime communiste lustrait l’image des dirigeants passés et présent de la Corée du Nord avec laquelle les États-Unis semblaient prêts à discuter, une fois passée la période de deuil suivant la mort de Kim Jong-il.
« Revenez vers le peuple qui vous aime tant ! » a crié un officier de l’armée, cité hier par l’agence de presse officielle KCNA, en s’inclinant devant le cercueil en verre où reposait le dirigeant décédé samedi. La télévision d’État montrait la poursuite du défilé ininterrompu de civils revêtus de noir et de militaires en uniforme au mausolée de Pyongyang, aux sons de lourds sanglots et de mélodies funèbres. D’après des experts, une part de ces démonstrations de tristesse était commandée par le régime désireux de renforcer la légitimité des Kim, la première dynastie communiste du monde dont Kim Jong-un, le fils du défunt, a pris le relais. Mais certaines larmes semblaient sincères, la population, notamment dans la capitale « privilégiée » par rapport au reste du pays, s’inquiétant pour son avenir après le départ de cette figure tutélaire glorifiée par les médias officiels. KCNA a ainsi affirmé que des « merveilles de la nature » avaient salué la mémoire de Kim Jong-il, évoquant une tempête de neige sur une montagne sacrée et un oiseau présentant ses respects.
Le nouveau dirigeant du pays, Kim Jong-un, a été loué de son côté par la presse gouvernementale comme « un grand soleil », titre réservé jusqu’à présent à son père et à son grand-père, Kim Il-sung, fondateur de la lignée.
Repliée sur elle-même davantage que d’accoutumée depuis la disparition de Kim Jong-il, la Corée du Nord continuait hier de susciter une intense activité diplomatique. Signalons que le régime communiste est doté de l’arme nucléaire, aussi sa stabilité inquiète les chancelleries soucieuses d’éviter toute escalade dans une péninsule coréenne surarmée. Pour l’instant, la transition apparemment sans accroc du pouvoir dans les mains de Kim Jong-un a quelque peu apaisé ces angoisses. « Nous n’avons pas noté de mouvements inhabituels de la part de l’armée nord-coréenne. Cela semble être une transition relativement douce (...) et nous espérons que cela restera comme ça », a ainsi déclaré le porte-parole du ministère de la Défense américain, George Little. Notons que les États-Unis stationnent 28 500 soldats en Corée du Sud, principal allié américain dans la région, avec le Japon. Washington a par ailleurs souligné son désir de travailler avec Pyongyang après la période de deuil décrétée en Corée du Nord, qui se poursuivra jusqu’au lendemain des obsèques de Kim Jong-il, prévues le 28 décembre. Rappelons que lorsque la mort du chef a été annoncée, les États-Unis négociaient avec la Corée du Nord une éventuelle reprise de l’aide alimentaire à ce pays souffrant de pénuries chroniques. Les autorités américaines espéraient en échange progresser vers une reprise des pourparlers à six nations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, des discussions comprenant notamment les deux Corées, les États-Unis et la Chine, outre la Russie et le Japon, mais gelées depuis plus de deux ans.
L’autre grande puissance régionale, la Chine, tient encore davantage à la stabilité de Pyongyang, son allié. Elle veut empêcher à tout prix un écroulement du régime qui précipiterait l’afflux de millions de réfugiés sur son territoire. Après divers échanges avec les diplomaties régionales concernées, elle devait recevoir un émissaire de Séoul pour évoquer la dénucléarisation nord-coréenne.
Aux premières loges, la Corée du Sud veut aussi apaiser les tensions avec son turbulent voisin du Nord et son président Lee Myung-bak a souligné que son pays n’était « pas hostile à la Corée du Nord », assurant qu’ « une stabilisation rapide du régime est dans l’intérêt des pays voisins ». M. Lee a par ailleurs dû voler au secours de son espion en chef, attaqué de toutes parts depuis que ses services ont échoué à connaître la mort de Kim Jong-il, restée secrète pendant deux jours jusqu’à son annonce officielle, à l’instar des services de renseignements des autres puissances.
Signalons que l’Assemblée générale de l’ONU a observé hier une minute de silence à la mémoire du « Cher Leader », mais les États-Unis, le Japon et plusieurs pays européens ont refusé d’y participer.
Pour la petite histoire, il semblerait que Kim Jong-un ait visité secrètement le Japon dans son enfance et se serait même rendu au parc Disneyland de Tokyo, a rapporté le quotidien Yomiuri Shimbun. Il était accompagné d’un autre garçon qui était vraisemblablement son frère aîné Jong-chul. Les deux enfants sont entrés au Japon le 12 mai 1991 et sont repartis onze jours plus tard, en utilisant de vrais passeports brésiliens avec une fausse identité, a précisé le Yomiuri en citant des responsables des services de renseignements.
(Source : AFP)
Le régime communiste lustrait l’image des dirigeants passés et présent de la Corée du Nord avec laquelle les États-Unis semblaient prêts à discuter, une fois passée la période de deuil suivant la mort de Kim Jong-il.« Revenez vers le peuple qui vous aime tant ! » a crié un officier de l’armée, cité hier par l’agence de presse officielle KCNA, en s’inclinant devant le cercueil en verre où reposait le dirigeant décédé samedi. La télévision d’État montrait la poursuite du défilé ininterrompu de civils revêtus de noir et de militaires en uniforme au mausolée de Pyongyang, aux sons de lourds sanglots et de mélodies funèbres. D’après des experts, une part de ces démonstrations de tristesse était commandée par le régime désireux de renforcer la légitimité des Kim, la première dynastie communiste...
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