Hier matin Kinshasa était à nouveau quadrillée par la police et l’armée, comme le 9 décembre après l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle à un tour du 28 novembre qui avait déclenché des violences dans la capitale. Mais cette fois des chars de la garde républicaine ont aussi été positionnés en différents lieux. La police est très présente dans le quartier populaire de Limete où se trouve le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de M. Tshisekedi qui a sa maison non loin. « C’est pour la population que ces chars sont là. C’est pour l’aider à se mouvoir aisément. Et pour sécuriser les visiteurs importants » attendus pour l’investiture et la prestation de serment du président Kabila aujourd’hui, a assuré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, à la radio Okapi, parrainée par l’ONU.
L’opposant de 79 ans Étienne Tshisekedi rejette depuis le début le résultat de l’élection, confirmé par la Cour suprême et le donnant perdant face à Joseph Kabila, 40 ans, réélu pour cinq ans avec 48,95 % des suffrages contre 32,33 % à son rival, lors d’un scrutin marqué par de multiples irrégularités. La maison de l’opposant autoproclamé « président élu » depuis le 9 décembre est devenue sa « présidence de la République ». M. Tshisekedi a annoncé qu’il allait prêter serment vendredi dans le stade des Martyrs de Kinshasa, avant d’affirmer que le gouvernement était « démis », et d’enjoindre soldats, policiers et fonctionnaires de « n’obéir qu’à (son) autorité légitime ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a lancé depuis Paris un « message de dialogue et d’abstention de toute violence » des deux côtés.
(Source : AFP)


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