Neuf mois et cinq mille morts plus tard est-il venu le temps des remises en question qui permettraient de sauvegarder les acquis tout en sauvant la face de ceux qu’une fin de carrière infâme attendait ? Est-elle arrivée l’heure des explications qui seraient mises à profit pour dénoncer les silences complices, les atrocités d’un régime honni, une dernière ligne droite qui ne trouvera son épilogue que par le départ de Bachar el-Assad ?
Comme par enchantement, la Russie, tout en dénonçant le recours général à la violence, consent enfin à reconnaître qu’il existe bel et bien une révolte populaire en Syrie et admet, à son corps défendant, que le régime a une fâcheuse tendance à user d’une force excessive dans sa répression de la contestation. Vladimir Poutine condescend enfin à ôter ses œillères, à ne plus faire l’impasse sur la tragédie syrienne, à engager le dialogue avec ceux-là mêmes qu’il accusait d’entretenir l’anarchie sur les rives du Barada.
En déposant au Conseil de sécurité son propre projet de résolution sur la crise syrienne, Moscou tente en fait, très habilement, de reprendre l’initiative aux Nations unies, d’œuvrer pour une sortie de crise qui permettrait au clan des Assad de gagner du temps par le biais de nouvelles promesses de réformes.
Une manœuvre que la Ligue arabe a vite fait de démonter en exigeant des autorités syriennes le strict respect de la feuille de route qu’elle a mis des mois à élaborer, faute de quoi c’est elle-même, et nul autre, qui saisirait le Conseil de sécurité du drame syrien, une internationalisation du conflit dont elle serait l’initiatrice légitime du fait des implications régionales du conflit.
Reste la grande question, celle à laquelle l’opposition syrienne n’a pas encore réussi à donner de réponse : quid après le départ du pouvoir exécré ? D’Istanbul au Caire, de Tunis à Doha, les réunions se suivent, mais ne se ressemblent pas, témoignent de vifs débats mais ne débouchent jamais sur une unicité des décisions.
Un éparpillement préjudiciable pour la cause défendue, un cadeau offert à Assad qui continue d’agiter l’épouvantail de l’intégrisme, qui se fait un malin plaisir de détourner les regards vers les pays du printemps arabe tombés dans l’escarcelle des islamistes.
Neuf mois et cinq mille morts plus tard, le temps n’est-il pas venu de mettre en place un organisme unifié, celui qui donnera des arguments décisifs aux nombreuses instances qui appellent de leurs vœux l’avènement d’une vraie démocratie en Syrie ?


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Un organisme unifié on ne trouvera jamais ceci chez les peuples arabes ou les tribus et l ’intégrisme gagnent du terrain . Elles ne savent pas ou arriver et que faire de ces sociétés ou l’ illétrisme triomphe toujours . Antoine Sabbagha
04 h 46, le 19 décembre 2011