La commission explique la passivité des autorités religieuses notamment par le « tabou » que représentait la sexualité dans la société jusque dans les années soixante ainsi que par une structure administrative et une culture « fermées » au sein de l’Église catholique. « Et puis, les gens ne pouvaient tout simplement pas croire qu’un religieux puisse commettre de tels actes », a également relevé M. Deetman.
Les évêques néerlandais ont aussitôt, dans un communiqué, présenté leurs « sincères excuses » aux victimes, exprimé leurs « regrets » et assuré être couverts de « honte », reconnaissant qu’il « n’y a pas que les auteurs qui sont à blâmer, les autorités religieuses n’ont pas réagi de façon adéquate et n’ont pas privilégié les intérêts des victimes ».
Rappelons qu’après plusieurs révélations dans la presse de cas d’abus sexuels présumés, la conférence épiscopale néerlandaise et la conférence des instituts religieux néerlandais avaient annoncé le 9 mars 2010 vouloir une enquête « exhaustive, externe et indépendante » sur la période de 1945 à nos jours. Les estimations concernant le nombre de victimes ont été notamment effectuées grâce à une enquête menée auprès de plus de 34 000 Néerlandais de 40 ans et plus, représentatifs de la société.
Grâce à près de 1 800 signalements, environ 800 auteurs présumés d’abus sexuels au sein de l’Église catholique néerlandaise, principalement des prêtres et religieux, mais également des laïcs, ont été identifiés. Au moins 105 d’entre eux sont encore en vie, selon la commission. La question d’éventuelles poursuites judiciaires, pour des faits souvent prescrits, « appartient au parquet », a souligné M. Deetman. Une commission chargée de conseiller l’Église catholique néerlandaise sur l’indemnisation des victimes avait de son côté préconisé le 20 juin de dédommager celles-ci en fonction de la gravité des abus, jusqu’à 100 000 euros, une proposition que l’Église catholique néerlandaise avait adoptée. « Les procédures et indemnisations ne suffisent pas », ont souligné quant à eux les évêques, affirmant vouloir mettre en place des « codes de conduite » et des « programmes de prévention ». Les faits punissables seront signalés au parquet.
La commission Deetman a par ailleurs soutenu qu’il n’y avait pas de « lien direct » entre les abus sexuels et le célibat des prêtres, mais que ce dernier présentait toutefois un « risque » en raison d’« un besoin de sexualité ».
Signalons enfin que cent douze personnes ont été arrêtées dans vingt-deux pays d’Europe lors d’une vaste opération policière de lutte contre la pornographie infantile sur Internet, a annoncé hier l’organisation de coopération policière européenne Europol.
(Source : AFP)


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