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Entre lapin et pilule

Y a pas à dire : ils nous mènent en bateau, nous prennent pour des poires, ils nous assomment de promesses, nous font même avaler des couleuvres. Véritables experts dans l’art de l’intox, ils pourraient même nous convaincre que c’est grâce à leurs sacrifices que nos lendemains seront heureux...
Politiciens ou syndicalistes, professionnels de la finance ou vétérans des « combats historiques » contre le capitalisme sauvage, ils s’entendent comme larrons en foire quand des intérêts « très particuliers » l’exigent, ils se retrouvent inéluctablement dans la même tranchée quand les esprits s’échauffent : celle des folles surenchères.
Les dindons de la farce, ce sont bien sûr les citoyens d’en bas, ceux qui sont lessivés à chaque prise de décision, à chaque désaccord, à chaque entente concoctée dans les arrière-boutiques des marchandeurs de quatre-saisons.
Ils nous ont fait le coup à deux reprises et chaque fois c’est une gifle qui nous est assénée : on annonce une hausse des salaires, les prix grimpent aussitôt dans les supermarchés et... patatras, on change d’avis. Le Conseil d’État se met de la partie, les syndicats et parrains d’occasion foncent dans la brèche ouverte et les salariés se retrouvent Gros-Jean comme devant : dépouillés des sous qu’ils n’ont pas encore touchés, endettés pour des achats qu’ils n’ont plus les moyens de payer...
Mais ne paniquons pas : les syndicats promettent des grèves de réajustement qui finiront inévitablement en queue de poisson et l’État s’engage à lancer un vaste chantier social quand les circonstances le permettront... autrement dit à la saint-glinglin ! Les patrons, eux, jurent leurs grands dieux qu’ils ont donné le maximum et qu’ils sont sur le point de déposer leur bilan. On en viendrait presque à pleurer de compassion, à vouloir leur tendre une main secourable...
Mais trêve d’ironie : les temps sont durs, ils le sont effectivement autant pour les salariés que pour l’État et le patronat. Les temps sont durs parce que toute la région est en ébullition et que le volcan qui gronde menace d’emporter tout le monde dans l’expression de sa colère.
Alors, de grâce que cesse la guerre des tranchées entre politiciens de pacotille, que s’arrêtent les surenchères entre ceux qui se prétendent « plus blancs que blancs » et ceux qu’on accuse de tous les maux du monde, que se taisent les pseudocontestataires qui ne sont que les prête-noms des fauteurs de troubles, des empêcheurs de tourner en rond.
Noël est aux portes, la Saint-Sylvestre fait antichambre : que se traduise enfin en cadeau de fin d’année le lapin que Mikati a sorti laborieusement de son chapeau. À trop tarder, à trop tergiverser la pilule ne sera que plus difficile à avaler...
Y a pas à dire : ils nous mènent en bateau, nous prennent pour des poires, ils nous assomment de promesses, nous font même avaler des couleuvres. Véritables experts dans l’art de l’intox, ils pourraient même nous convaincre que c’est grâce à leurs sacrifices que nos lendemains seront heureux...Politiciens ou syndicalistes, professionnels de la finance ou vétérans des « combats historiques » contre le capitalisme sauvage, ils s’entendent comme larrons en foire quand des intérêts « très particuliers » l’exigent, ils se retrouvent inéluctablement dans la même tranchée quand les esprits s’échauffent : celle des folles surenchères.Les dindons de la farce, ce sont bien sûr les citoyens d’en bas, ceux qui sont lessivés à chaque prise de décision, à chaque désaccord, à chaque entente concoctée...
commentaires (4)

Les pilules c'est pour les petits maux, dans notre cas c'est carrément le suppositoire et encore!!!!!

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 32, le 12 décembre 2011

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Commentaires (4)

  • Les pilules c'est pour les petits maux, dans notre cas c'est carrément le suppositoire et encore!!!!!

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 32, le 12 décembre 2011

  • Ce matin un lapin a tué un chasseur. Ainsi avc le génie politique de ce gouvernement non seulement il faudra une mais des pilules pour pouvoir supporter cette injustice sociale non seulement des salaires mais tout ce qui est social . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    07 h 43, le 12 décembre 2011

  • Comme à son habitude, Monsieur Nagib Aoun, ne mâche pas ses mots. Il expose la situation telle qu'elle est dans la réalité, et qui affecte, dans sa chair, chaque simple Libanais, qui en paie seul le prix. Les ténors, qui décident pour nous et nous répètent sans cesse leurs litanies, macabres à coup sûr, n'y sont point touchés. Leurs chants empoisonnés n'arrive pas à leurs oreilles. Ils touchent de plein fouet la vie et l'existence même du commun des Libanais. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    04 h 23, le 12 décembre 2011

  • - - Tiens , je trouve que Mikati est devenu votre champion et trouve aujourd'hui grâce à vos yeux , après avoir cassé à deux reprises , la décision de celui qui voulait justement faire passer des lois justes , nécessaires et bénéfiques à tous les Libanais et non pas à lui , à sa région ou à son parti ou sa communauté ! Bientôt d'autres , imbuvables hier et aujourd'hui , le seront aussi je suppose !!

    JABBOUR André

    00 h 05, le 12 décembre 2011

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