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Culture

Le patrimoine musical libanais à l’Unesco – Paris

Concert Une soirée inédite de rencontre avec le patrimoine musical classique libanais a été organisée par la délégation du Liban près l’Unesco, à Paris.
10/12/2011
PARIS, de Carole DAGHER

Un récital de grande qualité, placé sous le patronage de l’ambassadrice Sylvie Fadlallah, a permis à des pianistes confirmés, comme Georges Daccache (également compositeur) et Christine Marchais ; au saxophoniste Marc Sieffert et à la soprano Samar Salamé de donner la pleine mesure de leurs talents en interprétant des œuvres de compositeurs libanais contemporains, dont certains étaient présents dans la salle. Le programme choisi a permis au public de découvrir des œuvres d’une grande diversité: celles des pères fondateurs de la musique classique libanaise, tels Wadih Sabra, Toufic Succar, Toufic el-Bacha; celles de compositeurs inspirés et affirmés comme Violaine Prince, Georges Daccache, Georges Baz, Béchara el-Khoury, Rita Ghosn, Boghos Gelalian, Naji Hakim, et enfin de compositeurs à l’œuvre plus contemporaine comme Zad Moultaka, Bushra el-Turk et Karim Haddad. Le patrimoine musical religieux était également présent à travers une composition du père Louis Hage, mais aussi dans les inspirations liturgiques de Georges Daccache ou de Georges Baz.
Cette louable initiative, visant à mettre en valeur des œuvres méconnues du grand public, s’inscrit dans la lignée des efforts entrepris depuis cinq ans par Zeina Saleh Kayyali, chargée de mission à la délégation libanaise près l’Unesco, pour faire connaître le patrimoine musical libanais, à la fois riche d’influences multiples et porteur d’un apport spécifique. L’ouvrage qu’elle a publié il y a quelques mois, avec la collaboration de Vincent Rouquès, spécialiste d’analyse musicale, sur les «compositeurs libanais des XXe et XXIe siècles» (Éditions Séguier), est à l’origine de ce concert. Inaugurant la soirée, Zeina Saleh Kayyali a relevé que «le but de notre travail, Vincent et moi, est atteint: que les compositeurs libanais sortent du livre et que l’on entende leurs musiques, car cet ouvrage n’est pas une fin en soi». Soulignant le rôle pivot des interprètes, elle a indiqué que Christine Marchais et Marc Sieffert préparent un disque sur les compositeurs libanais, à paraître en 2012, avant de remercier l’ambassadrice du Liban et Bahjat Rizk notamment pour leur soutien et leurs encouragements.
Auparavant, et dans son mot de bienvenue, Sylvie Fadlallah avait mis l’accent sur l’importance de la musique savante libanaise, née au début du XXe siècle, lorsque des compositeurs comme Wadih Sabra et Iskandar Chalfoun vont se former en Europe à la méthode et aux outils de la musique occidentale, notamment l’écriture musicale. C’est à partir de ce moment que commence à se dessiner un courant musical libanais. Jusque-là, l’influence ottomane, traditionnelle et de transmission orale, était prédominante au Moyen-Orient. Alliant donc les outils occidentaux d’harmonie et de contrepoint et l’inspiration orientale, les compositeurs libanais ont produit une musique spécifique, reflétant cette double ouverture propre au Liban et son ancrage dans la modernité. «Cette musique savante est totalement transcommunautaire et tous les Libanais peuvent s’en prévaloir et s’y retrouver», a poursuivi Mme Fadlallah. Après avoir évoqué rapidement la vie de Wadih Sabra, l’auteur de l’hymne national libanais et père fondateur de la musique savante libanaise, l’ambassadrice a souligné que cette musique s’inscrit dans le patrimoine mondial universel. «Depuis la première notation musicale faite par Pythagore qui, dit-on, vécut à Sidon, on sait que la musique adoucit les mœurs et réconcilie les êtres, qu’elle rapproche les peuples, favorise l’interpénétration des cultures et transmet les messages et les idéaux universels de l’Unesco», a-t-elle conclu.

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