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Moyen Orient et Monde

La torture, érigée en « stratégie de gouvernement »

Les révoltes populaires dans le monde arabe ont exacerbé dans certains pays du Moyen-Orient le recours des autorités à la torture, notamment en Syrie où elle a été érigée en « stratégie de gouvernement », affirme l’ONG française Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) dans son deuxième rapport mondial. « Les mouvements de contestation qui ont ébranlé le monde arabe tout au long de cette année ont rappelé l’usage endémique et régulier de la torture lors des conflits armés, guerres civiles ou soulèvements populaires », écrit l’ACAT dans cette étude annuelle publiée hier sur les pratiques tortionnaires dans le monde. « De la Tunisie à Bahreïn en passant par l’Égypte et la Syrie, les populations civiles ont subi la torture comme moyen de répression au service de l’appareil sécuritaire », souligne l’association, selon laquelle le printemps arabe a également servi de « révélateur de crimes horribles perpétrés par les régimes en place jusqu’alors ». L’ACAT, qui dresse un tableau de la torture dans le monde à travers 23 pays, consacre un chapitre supplémentaire à la Syrie. « La sanglante répression menée par les services de Bachar el-Assad apparaît particulièrement représentative d’un recours massif à la torture visant à terroriser une population qui se révolte pacifiquement », note l’ACAT. Pour étayer son propos, l’ONG cite longuement le témoignage du journaliste algérien Khaled Sid Mohand, collaborateur du quotidien français Le Monde, emprisonné dans les geôles syriennes du 9 avril au 3 mai. « Tous les jours, parfois toutes les nuits, j’ai entendu des gens torturés, j’ai entendu leurs cris crescendo, jusqu’à ce que des hommes d’âge mûr soient transformés en petites filles », confie le reporter. Lui-même a enduré « des claques, quelques coups de poing et de pied, un coup de cale sur l’épaule, des menaces d’enfermement jusqu’à ce que mes cheveux soient tout blancs, et d’immersion dans un bain glacé ». Mais selon lui, « ce n’était pas de la torture, c’étaient même des baisers à côté de ce que les autres détenus, y compris de très jeunes adolescents, ont subi ».
Les révoltes populaires dans le monde arabe ont exacerbé dans certains pays du Moyen-Orient le recours des autorités à la torture, notamment en Syrie où elle a été érigée en « stratégie de gouvernement », affirme l’ONG française Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) dans son deuxième rapport mondial. « Les mouvements de contestation qui ont ébranlé le monde arabe tout au long de cette année ont rappelé l’usage endémique et régulier de la torture lors des conflits armés, guerres civiles ou soulèvements populaires », écrit l’ACAT dans cette étude annuelle publiée hier sur les pratiques tortionnaires dans le monde. « De la Tunisie à Bahreïn en passant par l’Égypte et la Syrie, les populations civiles ont subi la torture comme moyen de répression au service de l’appareil...
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