Notons que M. Gbagbo est soupçonné d’être « coauteur indirect » de crimes contre l’humanité lors des violences post-électorales, à savoir meurtres, viols, actes inhumains et persécutions commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Son refus de céder le pouvoir à son rival et actuel président Alassane Ouattara à la suite de la présidentielle de novembre 2010 avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3 000 morts.
Lors de l’audience, qui a duré moins d’une trentaine de minutes, les juges se sont assurés qu’il avait été informé clairement des charges portées contre lui et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour. Rappelons que Laurent Gbagbo, détenu jusque-là en Côte d’Ivoire, avait été écroué mercredi dernier au centre de détention de la CPI, à La Haye. « Je suis venu sans rien, sauf avec ma chemise et mon pantalon », a raconté l’ex-chef d’État, assurant ne pas avoir été prévenu de son transfert aux Pays-Bas. Le procureur sortant de la CPI Luis Moreno-Ocampo a précisé à l’issue de l’audience que le transfert de M. Gbagbo était « la responsabilité du gouvernement ivoirien ».
Sur ses conditions de détention en Côte d’Ivoire, l’ancien président a indiqué : « Je ne savais ce qu’il se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit », soutenant que « maître Altit (son avocat) est venu jusqu’à Korhogo pour me voir et on l’a empêché de me rencontrer. Ça a été tout le temps comme ça : une bataille entre mes avocats et mes geôliers ». « Si on m’accuse, c’est qu’il y a des éléments de preuve », a en outre déclaré M. Gbagbo, qui était sous le coup d’un mandat sous scellés émis le 23 novembre et rendu public le 30 novembre : « Je veux voir ces éléments de preuve et les confronter à ma vérité à moi. »
Signalons que l’audience de confirmation des charges aura lieu le 18 juin 2012, a annoncé la présidente. À l’issue de celle-ci, les juges devront déterminer si les preuves rassemblées par l’accusation sont suffisamment solides pour la tenue d’un procès. « Nous sommes d’accord sur le fait que des crimes ont été commis de tous les côtés (et donc également par le camp Ouattara) et doivent donc être poursuivis », a précisé le procureur, qui avait été autorisé début octobre à enquêter en Côte d’Ivoire : « Nous avons également dit que nous enquêtons sur plus de dossiers. »
(Source : AFP)


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