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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

L’avenir de l’Afghanistan se discute sans les talibans et sans les Pakistanais

La conférence de Bonn s’ouvre aujourd’hui ; Karzaï demande une aide internationale jusqu’en 2024.
Exclus il y a dix ans de la première conférence de Bonn sur l’Afghanistan, qui manqua ainsi l’opportunité d’un règlement politique du conflit, les talibans seront également absents de sa seconde édition aujourd’hui, éloignant encore les perspectives de paix dans le pays.
Embourbée en Afghanistan depuis dix ans après avoir balayé en deux mois le régime rigoriste des talibans à la fin 2001, la coalition internationale compte sur un règlement politique de plus en plus hypothétique pour pouvoir en sortir la tête haute, alors qu’elle a entamé le retrait de ses troupes de combat, censé s’achever fin 2014. Les Occidentaux, Allemands et Britanniques en tête, ont un temps espéré intégrer quelques représentants des talibans à la délégation afghane en Allemagne pour que cette dernière soit la plus large et représentative possible, selon des diplomates. Mais les « contacts » entamés depuis le début de l’année ont tourné court et l’assassinat mi-septembre, par un prétendu émissaire taliban, du négociateur en chef du gouvernement afghan, l’ex-président Burhanuddin Rabbani, a achevé de ruiner le processus. Le commandement suprême des talibans a, de son côté, écarté publiquement toute participation, estimant que la conférence dans l’ex-capitale allemande allait « piéger encore un peu plus l’Afghanistan dans les flammes de l’occupation ». Pour sa part, le Pakistan, considéré comme incontournable dans tout éventuel processus de paix en raison de ses liens historiques et actuels avec les talibans, a indiqué qu’il boycotterait Bonn, furieux d’un récent bombardement de la force de l’OTAN en Afghanistan de son côté de la frontière, qui a tué 24 soldats pakistanais selon Islamabad.
Si ces absences sont essentiellement symboliques, elles ne peuvent que renforcer le pessimisme ambiant sur la probabilité de futures négociations de paix. En l’absence de deux acteurs majeurs du conflit, la question de la réconciliation devrait ainsi se limiter à la portion congrue à Bonn, où la déclaration finale devrait essentiellement rappeler, en termes généraux, l’engagement de la communauté internationale auprès de l’Afghanistan après 2014.
À cet effet, le président afghan Hamid Karzaï a estimé hier que son pays aurait besoin d’une aide financière et militaire internationale pendant dix ans après le départ des forces étrangères. « L’Afghanistan aura certainement besoin d’une aide (...) jusqu’à environ 2024 (...). Il faudra former nos soldats, équiper l’armée et la police et mettre en place des institutions stables », a-t-il dit. Selon une étude de la Banque mondiale publiée le mois dernier, les autorités afghanes auront besoin chaque année d’une aide internationale d’environ sept milliards de dollars après le départ des troupes étrangères. En réponse, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a promis un soutien à long terme de la communauté internationale à Kaboul.
(Sources : agences)
Exclus il y a dix ans de la première conférence de Bonn sur l’Afghanistan, qui manqua ainsi l’opportunité d’un règlement politique du conflit, les talibans seront également absents de sa seconde édition aujourd’hui, éloignant encore les perspectives de paix dans le pays. Embourbée en Afghanistan depuis dix ans après avoir balayé en deux mois le régime rigoriste des talibans à la fin 2001, la coalition internationale compte sur un règlement politique de plus en plus hypothétique pour pouvoir en sortir la tête haute, alors qu’elle a entamé le retrait de ses troupes de combat, censé s’achever fin 2014. Les Occidentaux, Allemands et Britanniques en tête, ont un temps espéré intégrer quelques représentants des talibans à la délégation afghane en Allemagne pour que cette dernière soit la plus large et...
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