« Je suis très confiante dans le fait que si nous travaillons tous ensemble (...) il n’y aura pas de retour en arrière sur la voie de la démocratie », a déclaré Mme Suu Kyi. Dans un pays toujours dominé par les militaires, le régime, qui a multiplié depuis huit mois les réformes politiques, doit encore faire des progrès, mais « nous espérons y parvenir aussi vite que possible », a-t-elle ajouté. La secrétaire d’État américaine a approuvé, notant avoir vu des « ouvertures » lors de ce voyage de trois jours qui lui a donné des « motifs d’encouragement ». Toutefois, les deux femmes ont exprimé leurs inquiétudes concernant le maintien derrière les barreaux de prisonniers politiques (500 à 1 600 selon les diverses estimations), et les violations des droits de l’homme dans les zones où les minorités ethniques se battent pour plus d’autonomie depuis des décennies. « Tous les combats doivent cesser dans le pays aussi vite que possible », a insisté la Birmane. Elle a également réclamé la libération de tous les prisonniers politiques et que « plus aucun ne soit arrêté à l’avenir pour ses opinions ».
L’opposante est revenue ces derniers mois au cœur du jeu politique et elle est plus que jamais l’interlocutrice incontournable des capitales occidentales. Alors que sa bénédiction est sans doute nécessaire pour envisager la levée des sanctions à l’encontre de Naypidyaw, Mme Suu Kyi n’a pas évoqué cette question hier. Elle a en revanche salué les gestes évoqués par Mme Clinton pour encourager les réformes, comme l’éventualité, si d’autres progrès voyaient le jour, de nommer un ambassadeur à part entière dans le pays.
À la fin de sa visite, Mme Clinton a annoncé une aide de 1,2 million de dollars en faveur de la société civile, pour soutenir le microcrédit, les soins de santé et les victimes des mines. Elle a en revanche insisté sur le fait que le gouvernement devrait faire plus pour voir lever les sanctions économiques. « Nous répondrons à chaque action par une action, et s’il y a suffisamment de progrès, évidemment, nous envisagerons de lever les sanctions (...) Mais comme je l’ai déjà dit, nous en sommes toujours au tout début de ce dialogue. » Autre signe de l’adoucissement de la ligne américaine, Mme Clinton s’est éloignée de l’idée d’une enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme, voulant laisser une chance aux dirigeants de déterminer les responsabilités eux-mêmes.
(Source : AFP)


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