Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Noël sans eux

Par Rolla AOUN
À l’approche des fêtes, j’aime m’asseoir tranquillement au coin du feu. Là, devant les flammes, je crois revoir le visage de mes chers disparus. Mon père, ma sœur, mon beau-père, réveillant ainsi au fond de moi des souvenirs qui ne dorment jamais vraiment. Je ne compte plus les années qui ont passé depuis leur départ. Devant l’immensité du vide qu’ils laissent encore derrière eux, le temps n’a aucune importance. Ils me manquent toujours, spécialement en ces périodes festives: à Noël, commémoration sacrée de la naissance du Christ et de la Sainte Famille, symbole de retrouvailles et moment privilégié où l’on se réunit tous, petits et grands, dans le plus doux, le plus merveilleux des cocons, la famille.
Papa fut pour moi d’abord un personnage insaisissable. Je le craignais, le respectais et ressentais à ses côtés un sentiment de sécurité. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai vraiment réalisé qu’il était d’une bonté et d’un dévouement à toute épreuve. Papa, c’était la main qui relevait doucement la couverture sur nous, la nuit, quand il faisait froid. C’était le jus d’orange, la tisane et les sucres d’orge quand nous étions grippés... Cependant, ce que j’aimais par-dessus tout en lui, c’était qu’il avait gardé un cœur d’enfant. Toujours ravi à l’approche des fêtes. Que ce soit un anniversaire, les Rameaux, Pâques ou Noël, il était le premier à tout organiser. Il décorait le sapin et faisait la crèche très tôt, et la maison résonnait alors des chants de Noël qui émanaient du vieux 33 tours de Tino Rossi.
Ma sœur tenait de lui cette joie de vivre. De ma sœur, je ne peux toujours pas me résoudre à parler au passé. Si je devais la décrire, je dirais que c’est un éclat de rire, un tourbillon gracieux qui, à peine esquissé, fut hélas trop vite interrompu. Des gouttelettes de rosée évaporées aux premiers rayons de soleil ! Elle n’a connu que le printemps et l’été de la vie. Peut-être l’automne et l’hiver étaient-ils incompatibles avec son caractère.
Mon beau-père, par contre, était loin d’être un personnage expansif. Étant en cela très proche de moi, on s’entendit rapidement et sans problème. Un lien étrangement fort nous a unis tout au long de sa maladie, et j’ai découvert alors son immense tendresse pour moi. Il était de ces gens silencieux qui laissent pourtant derrière eux une trace indélébile. L’heure s’est de nouveau arrêtée au cadran de la montre. Encore une nouvelle place vide à la table du réveillon...
Le feu s’est éteint tout doucement, comme se sont éteints ces êtres si chers. Je reste pensive. J’avais tant d’amour à leur donner encore! Comment le temps peut-il être si court et si long à la fois? Face au destin, on se sent impuissant. On voudrait revenir en arrière, apprécier encore une fois la douceur de ces soirs de fêtes où nous étions tous réunis. Mais la vie continue. Je songe à mes enfants, à mon mari, à toute la famille qui me reste. Si on se tient tous par la main, on pourra continuer ensemble, forts de notre soutien mutuel. La naissance du Christ est identifiée à une lumière, à l’espoir d’une nouvelle vie. Les blessures s’apaisent et je fredonne en souriant, comme le faisaient mes deux petits garçons autrefois :
« Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel... »
À l’approche des fêtes, j’aime m’asseoir tranquillement au coin du feu. Là, devant les flammes, je crois revoir le visage de mes chers disparus. Mon père, ma sœur, mon beau-père, réveillant ainsi au fond de moi des souvenirs qui ne dorment jamais vraiment. Je ne compte plus les années qui ont passé depuis leur départ. Devant l’immensité du vide qu’ils laissent encore derrière eux, le temps n’a aucune importance. Ils me manquent toujours, spécialement en ces périodes festives: à Noël, commémoration sacrée de la naissance du Christ et de la Sainte Famille, symbole de retrouvailles et moment privilégié où l’on se réunit tous, petits et grands, dans le plus doux, le plus merveilleux des cocons, la famille.Papa fut pour moi d’abord un personnage insaisissable. Je le craignais, le respectais et ressentais...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut