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À La Une - Revue De Presse

Pour la presse égyptienne, le CSFA n'a pas fait ses preuves

Le Conseil supérieur des forces armées commet "les mêmes erreurs que le régime Moubarak".

Sous la pression des manifestants, le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirile le CSFA, s'est engagé mardi soir à organiser une présidentielle avant fin juin 2012. MENA/HO/

"Il est devenu clair que (…) le peuple a donné au Conseil supérieur des forces armées (CSFA) tout le temps qu’il lui fallait pour prouver qu’il veille sur la révolution et qu’il n’est pas l’héritier naturel" de l’ancien régime, affirme aujourd'hui le quotidien al-Masri el-Yawm, dans un éditorial intitulé "Le CSFA est le problème pas la solution".

Or, rappelle le quotidien, le CSFA a permis "à Moubarak de s’installer à Charm el-Cheikh et d’être libre de ses mouvements" et "aux hommes de l’ancien régime de créer de nouveaux partis et de se présenter aux élections législatives". Le quotidien dénonce également "l’usage excessif de la force" contre les manifestants, le fait que "plus de 10.000" contestataires aient été envoyés devant des tribunaux militaires", que neuf mois après la révolution, la sécurité n’ait pas été restaurée dans les rues, que des discordes confessionnelles aient éclaté à travers le pays, que les prix se soient envolés, que le salaire minimum n’ait pas été fixé et que la corruption et l’injustice sociale soient restées inchangées.

 

"La responsabilité principale (de cette situation) incombe au CSFA en raison de son contrôle total de tous les pouvoirs", poursuit le quotidien. "C’est le retard des autorités à agir et l’absence de décision politique ainsi que la prévalence de l’option militaire" qui ont mené à la situation actuelle et à la chute du gouvernement, martèle-t-il encore.

"En conclusion, l'Égypte est dans le pétrin, le CSFA est dans le pétrin, les Frères musulmans sont dans le pétrin et les pseudo-partis sont dans le pétrin" car "tout le monde voulait avoir un poste", affirme-t-il.

 

"Cela veut-il dire qu’un clash entre le peuple et le CSFA (…) est inévitable ?". Non, estime al-Masri el-Yawm, car une telle option signifierait que l’Egypte et toutes les parties seront perdantes. "Il faut donc que toutes les forces nationales cherchent ensemble une sortie" de la crise actuelle, ajoute-t-il.

 

Al-Yawm el-Sabeh estime, pour sa part, que le CSFA commet "les mêmes erreurs que le régime Moubarak", notamment dans sa façon de "gérer les crises".

Pour la formation du nouveau gouvernement, le CSFA devrait se tourner vers "des personnes expérimentées", estime al-Yawm el-Sabeh . Il faudrait un gouvernement "qui garantisse la stabilité pendant la période de transition", poursuit le quotidien. "Le dossier sécuritaire est le dossier le plus dangereux" actuellement, puis vient la question de la pauvreté, de la hausse des prix, notamment du gaz et de l’essence, et des services de santé, ajoute-t-il. La solution viendra des personnes qui savent "proposer des initiatives" et d’"un gouvernement doté des prérogatives" nécessaires pour pouvoir agir, conclut-il.

 

 

Pour Helmi el-Qaoud, d'al-Ahram, quotidien ayant le plus grand tirage en Egypte, le problème réside dans le fait que le pouvoir est, depuis l’indépendance de Égypte, aux mains d’hommes qui servent les intérêts de nations étrangères et qui "marginalisent le peuple, lui interdisant de participer au pouvoir". Tout comme Hosni Moubarak, ces hommes considèrent que le peuple n’est pas prêt pour la démocratie. La solution viendra donc avec "la libération du pays" de ces hommes, assure l'éditorialiste.

 

Pour Abdelalim Mohammad, également d'al-Ahram, le problème auquel fait face le peuple égyptien aujourd’hui est la division qui règne entre "toutes les parties qui ont participé à la révolution ou qui ont promis de défendre cette révolution". Ces forces s’étaient uniquement mis d’accord sur un but précis : "la nécessité de faire tomber le régime (de l’ancien président Moubarak)", estime l’éditorialiste. "L’unité a disparu dès la chute du régime" et une division a eu lieu entre "ceux qui demandent la mise en place d’une nouvelle Constitution et ceux qui se sont contentés des modifications faites à la Constitution actuelle" et qui veulent avant tout des élections législatives, explique-t-il.

Toutes les forces politiques doivent se mettre d’accord sur les priorités et comprendre qu’elles ne peuvent tout avoir et qu’il faudra faire des concessions, poursuit l’éditorialiste.

 

"Il est devenu clair que (…) le peuple a donné au Conseil supérieur des forces armées (CSFA) tout le temps qu’il lui fallait pour prouver qu’il veille sur la révolution et qu’il n’est pas l’héritier naturel" de l’ancien régime, affirme aujourd'hui le quotidien al-Masri el-Yawm, dans un éditorial intitulé "Le CSFA est le problème pas la solution".
Or, rappelle le quotidien, le CSFA a permis "à Moubarak de s’installer à Charm el-Cheikh et d’être libre de ses mouvements" et "aux hommes de l’ancien régime de créer de nouveaux partis et de se présenter aux élections législatives". Le quotidien dénonce également "l’usage excessif de la force" contre les manifestants, le fait que "plus de 10.000" contestataires aient été envoyés devant des tribunaux militaires", que neuf mois après la révolution, la...
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