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À La Une - Egypte

Le gouvernement égyptien démissionne

Tahrir bouillonne toujours, 24 morts en trois jours.

Un manifestant près de la place Tahrir, au Caire, ce lundi 21 novembre. Goran Tomasevic/

Tous les membres du gouvernement intérimaire égyptien ont démissionné dimanche "au vu des circonstances difficiles que traverse actuellement le pays", a annoncé lundi le porte-parole du cabinet, Mohamed Hijazi.

 

Selon la chaîne de télévision qatarie al-Jazira, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak en février, a accepté lundi soir cette démission. L’AFP a déclaré pour sa part que le CSFA a refusé la démission du gouvernement, citant une source militaire.

Le ministre de l'Information Oussama Haïkal, cité par l'agence officielle Mena, a déclaré que l'armée ne s'était pas encore prononcée, laissant planer l'incertitude sur cette vacance à une semaine du premier scrutin législatif depuis le départ de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par une révolte populaire le 11 février.

 

Lundi matin, le ministre égyptien de la Culture, Emad Abou Ghazi, avait déjà annoncé sa démission pour protester contre la réaction du gouvernement face aux violences entre manifestants et forces de l'ordre.

 

Depuis samedi, des affrontements meurtriers opposent la police à des milliers de manifestants, notamment sur l'emblématique place Tahrir au Caire.

Vingt-quatre personnes ont officiellement péri dans ces heurts qui touchent plusieurs villes du pays, où une révolte populaire a poussé M. Moubarak au départ le 11 février. Ces violences, qui ont également fait plusieurs centaines de blessés, interviennent à une semaine du début des premières élections législatives depuis la chute de M. Moubarak, prévues le 28 novembre et qui doivent s'étaler sur plusieurs mois.

Sur les marchés, la Bourse du Caire a chuté de 4,04%, l'index EGX-30 tombant à 3,860.99 points.

Les manifestants réclament la fin du pouvoir militaire qui s'est installé au départ de M. Moubarak, qu'ils accusent de vouloir rester à la tête de l’État et de perpétuer le système répressif en place sous l'ancien président.

 

M. Charaf, nommé à la tête du gouvernement en mars, était très populaire à son arrivée parmi les militants pro-démocratie, mais son image s'est ensuite ternie en raison du peu de pouvoir de son gouvernement face à la tutelle de l'armée et de la lenteur de la mise en œuvre de réformes.

 

A la tombée de la nuit lundi, des dizaines de milliers de personnes se rassemblaient toujours sur la place Tahrir. Les manifestants ont fait échec dans la matinée à une nouvelle tentative de dispersion des forces de l'ordre, qui s'en sont pris à un hôpital de fortune. Les contestataires ont riposté en lançant des morceaux de béton arrachés à la chaussée.

Des accrochages étaient signalées lundi soir dans les rues adjacentes à la place et des témoins, pas nécessairement liés aux manifestants, ont fait état de pillages à l'Université américaine du Caire et ailleurs.

"Le régime militaire est mort, mort", crient les manifestants. "Liberté, liberté !" entend-on aussi. D'autres slogans visent le maréchal Hussein Tantaoui, qui fut pendant vingt ans le ministre de la Défense de Moubarak et préside le CSFA.

 

Le Mouvement du 6-Avril, qui fut en pointe dans la contestation contre le régime de Moubarak, a affirmé à l'agence Mena que l'occupation de la place Tahrir se poursuivrait tant que ses exigences n'auraient pas été acceptées.

Il réclame notamment la tenue de l'élection présidentielle d'ici avril prochain et la constitution d'un gouvernement de salut national en lieu et place du CSFA.

Mohamed el-Baradeï et Abdallah el-Achaal, candidats potentiels à la présidentielle, ont aussi réclamé la formation d'un gouvernement de salut national, rapporte l'agence Mena.

 

Les Frères musulmans, dont le parti est favori des élections, ont condamné l'intervention des forces de sécurité au Caire même si eux-mêmes s'étaient auparavant retiré de la place Tahrir. "Cela rappelle les pratiques du ministère de l'Intérieur de l'ancien régime", disent-ils dans un communiqué.

 

Plusieurs capitales, ainsi que l'Union européenne, ont dénoncé les violences policières. "C'est de façon assez évidente une tentative de contrarier le processus de transition démocratique", a déclaré Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères.

Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a déclaré que l’Égypte vivait "un moment dangereux" tandis que Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, a appelé les autorités de transition "(...) à garantir la défense des droits de l'homme et des libertés individuelles pour tous les Égyptiens, y compris le droit à manifester dans le calme".

 

Tous les membres du gouvernement intérimaire égyptien ont démissionné dimanche "au vu des circonstances difficiles que traverse actuellement le pays", a annoncé lundi le porte-parole du cabinet, Mohamed Hijazi.
 
Selon la chaîne de télévision qatarie al-Jazira, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak en février, a accepté lundi soir cette démission. L’AFP a déclaré pour sa part que le CSFA a refusé la démission du gouvernement, citant une source militaire.
Le ministre de l'Information Oussama Haïkal, cité par l'agence officielle Mena, a déclaré que l'armée ne s'était pas encore prononcée, laissant planer l'incertitude sur cette vacance à une semaine du premier scrutin législatif depuis le départ de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par...
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