Après les affrontements meurtriers entre manifestants et forces de l'ordre dans plusieurs villes d'Egypte, la presse égyptienne s'interroge ce matin sur l'avenir du pays, à l'approche des premières élections législatives de l'après-Moubarak.
"Le sentiment de peur en ce qui concerne l'avenir du pays a cédé la place à la panique, écrit le quotidien al-Youm al-Sabeh (Le septième jour), qui accuse certaines "forces politiques" d'avoir "perdu la raison". "La situation aujourd'hui est de plus en plus compliquée, poursuit le journal. Le pays est au bord du gouffre et de la confrontation. Ceux qui ont voulu jouer avec le feu en menaçant de faire descendre des millions de personnes dans la rue n'ont pas vu le danger qui guette l'Egypte. Ceux-là ne pensent qu'à leurs propres intérêts."
Or, selon al-Youm al-Sabeh, "il est temps de placer l'intérêt du pays au sommet des priorités parce que ses institutions sont menacées d'effondrement. La crise doit être gérée rapidement, sans attendre, même si cela implique la démission du chef du gouvernement actuel et la formation d'un nouveau cabinet de salut national".
Un cri d'alarme lancé, également, par le quotidien al-Goumhouriya qui se demande pourquoi et comment la situation a dégénéré de manière aussi dramatique. "Pourquoi a-t-on laissé notre pays s'ensanglanter? Que s'est-il passé? Où en sommes-nous ? (…) Nous sommes tous responsables. Plus personne ne veut respecter la loi, plus personne ne veut entendre parler du dialogue…Nous nous sommes enfermés dans nos idéaux, nous avons coupé les routes, nous avons paralysé le pays…", poursuit le quotidien. "Réveillez-vous chers citoyens, les élections sont aux portes. Il est temps d'en finir avec le chaos et la peur", conclut le journal.
Même constat du côté d'al-Ahram qui invite les Egyptiens à mettre l'intérêt du pays avant "toute autre considération politique". "Les manifestations ne doivent pas servir à déstabiliser le pays et semer la discorde au sein de la population, souligne le journal. Nous devons réfléchir avant d'agir et ne pas suivre aveuglément les idéaux de certains partis". "Le processus démocratique et la réhabilitation des institutions étatiques sont de loin plus importants que les partis politiques qui ne pensent qu'à gagner lors des prochaines élections", poursuit le journal égyptien ayant le plus grand tirage.
Autre son de cloche du côté du quotidien el-Chaab, proche des Frères musulmans. Dans un éditorial publié lundi, le journal estime que le véritable danger qui guette le pays "émane des intentions de l'armée qui veut s'accaparer du pouvoir". "Le véritable pouvoir ne peut venir que du peuple, poursuit el-Chaab, et le peuple égyptien a dit son mot : il ne laissera pas tomber la révolution. La lutte se poursuit et c'est à l'institution militaire de décider si elle veut se placer du côté du peuple ou bien traîner le pays vers l'inconnu."
Le quotidien al-Masry al-Youm rappelle, de son côté, que la peur concernant l'avenir du pays pousse de nombreux Egyptiens sur la voie de l'émigration. "Les islamistes ont voulu lancer plusieurs messages à travers leur manifestation massive de vendredi dernier, écrit le journal. (…) Mais le peuple y a vu une tentative (de la part de ces islamistes) d'imposer leurs conditions par la force." "Aujourd'hui, tous les Egyptiens sont inquiets, qu'ils soient coptes ou musulmans. Ils cherchent à émigrer pour fuir l'incertitude. Voilà à quel point les gens ont peur."
"Le sentiment de peur en ce qui concerne l'avenir du pays a cédé la place à la panique, écrit le quotidien al-Youm al-Sabeh (Le septième jour), qui accuse certaines "forces politiques" d'avoir "perdu la raison". "La situation aujourd'hui est de plus en plus compliquée, poursuit le journal. Le pays est au bord du gouffre et de la confrontation. Ceux qui ont voulu jouer avec le feu en menaçant de faire descendre des millions de personnes dans la rue n'ont pas vu le danger qui guette l'Egypte. Ceux-là ne pensent qu'à leurs propres intérêts."
Or, selon al-Youm al-Sabeh, "il est temps...


La peur et la frustration sont les fruits de ces printemps arabes et dire que ce fut le pari des pays occidentaux qui ont voulu ce changement et ont traîné touts ces pays vers l'inconnu. Antoine Sabbagha
08 h 04, le 21 novembre 2011